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un déficit d’animateurs qui renforce la crise du secteur

Baisse du nombre d’animateurs, diminution continue d’enfants inscrits… Les colonies de vacances semblent faire face à une crise structurelle majeure.

Non «jolies colonies de vacances» n’ont plus le vent en poupe. Prises par des millions de familles durant des décennies, celles-ci ont longtemps bercé des générations entières. Mais aujourd’hui, la crise touche ce secteur. Aujourd’hui, les colonies n’arrivent plus à recruter de nouveaux animateurs, tandis que la crise sanitaire les a largement fragilisés depuis maintenant plus de deux ans. Moindre attrait pour la profession, fragilisation structurelle du modèle économique de la colonie, quels nuages ​​s’amoncellent autour de ce pilier historique des vacances des petits Français ?

Un métier d’animateur qui n’attire plus

Qui dit colonie de vacances dit animateurs. Mais leur nombre ne cesse pourtant de diminuer au fil des années. Le nombre de Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur en accueils collectifs de mineurs (BAFA), diplôme indispensable pour l’encadrement de mineurs au sein de structures collectives, a, en effet, largement diminué en cinq ans.

Après avoir atteint le nombre de 54 800 en 2016, le nombre de BAFA délivrés a diminué de 28% jusqu’en 2019, pour atteindre le nombre de 42 900 selon l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) . Sur compte 31 000 BAFA délivrés en 2020, chute qui s’explique principalement en raison de la crise sanitaire. L’ampleur de cette baisse montre donc bien une perte d’attractivité du métier d’animateur. Tarek, 23 ans et ayant passé son BAFA en 2018 dans le sud de la France, le montre bien. «C’est un grand plaisir de s’occuper d’enfants pendant un mois dans une colonie, d’autant plus qu’on en retire toujours de super moments et de très belles rencontres». Mais cet été, pour la première fois depuis août 2018, il ne reprendra pas le chemin de la colonie. «Cela reste un travail extrêmement compliqué. On doit surveiller les enfants presque 24h/24, on dort très peu et le tout pour des salaires de misères». Le décalage entre un volume horaire extrêmement dense et une responsabilité sur tout un groupe d’enfants pour un salaire relativement faible peut expliquer cette perte de vitesse. «Je gagne entre 450 et 600 euros pour 15 jours d’animation selon les colonies, ce qui reste peu par rapport à la charge de travail. Donc je comprends les jeunes qui ne veulent plus passer le BAFA lorsqu’on voit les salaires à la clé».

Ces difficultés de recrutement, les professionnels du secteur y sont confrontés. «Pour ce qui est des colonies de vacances, il nous manque 12 % de notre personnel, en directeurs et animateurs, avant le début de la saison» constate un représentant de l’Union française des centres de vacances (Ufcv). «Par ailleurs, pour ce qui est des séjours de vacances adaptés, notamment destinés aux personnes en situation de handicap, 64% de nos équipes sont constituées. Il nous reste donc encore 500 personnes à recruter» poursuivre-il. Cependant, l’association, qui compte plus de 5000 bénévoles, considère que l’offre de colonies de cet été ne devrait pas être menacée. «Le risque d’annulations de colonies est extrêmement faible » explique le représentant.

Une crise plus structurelle du modèle de la colonie de vacances

Cependant, la baisse du nombre d’animateurs, si elle est un accélérateur de la perte de vitesse des colonies de vacances aux yeux des Français, n’en constitue pas la cause profonde. Le modèle économique des structures d’accueil connaît, en effet, une crise structurelle et générationnelle qui redéfinit la manière d’appréhender les vacances pour les parents et les plus jeunes. Selon un rapport gouvernemental publié en 2021, 1,4 million d’enfants ont été envoyés en colonie de vacances en 2019 ; nombre très loin des 4 millions des années 1960. Une étude IFOP menée en 2021 montre d’ailleurs que le pourcentage de parents souhaitant inscrire leurs enfants dans une «couleur» est passé de 64% en 2011 à 49% en 2021. Le rapport pointe ainsi «des freins financiers, jugés pour les familles de classes moyennes ne reçoivent pas d’aides au départ, des freins psychologiques de la part des parents et des enfants, Une image dégradée de l’apport pédagogique des colos [ainsi qu’un] désintérêt et un désengagement des élus locaux» pour expliquer ce désengagement progressif mais irréversible des Français de ce symbole même des vacances d’été.

Ce qui semble surtout renforcé la crise du modèle de la colonie de vacances, outre la baisse du nombre d’animateurs, est le fait qu’elle ne semble plus répondre à ses objectifs initiaux, soit de permettre aux enfants issus des classes populaires de pouvoir partir en vacances. Créées en France, en 1883, par le philanthrope Edmond Cottinet, les colonies de vacances ont très rapidement connu une popularité certaine dans le pays. Symboles des avancées sociales du temps du Front Populaire dans les années 1930 et de la démocratisation des loisirs dans le contexte d’enrichissement global du temps des Trente Glorieuses, des millions d’enfants partaient ainsi en «colis» en 1960 pour souvent voir la mer ou la montagne pour la première fois. Le pic du nombre de départs en « colos » sera cependant atteint en 1994 ; année durant laquelle 14% des 5-19 ans Français se sont rendus dans un séjour collectif.

Une étude de l’INJEP de 2021 titre, en effet, que «les collégiens issus du milieu social favorisé partent davantage» en colonies de vacances que les autres. 27 % pour les enfants de cadres profitent d’un séjour en colonies de vacances, contre 10 % pour les enfants d’ouvriers ou d’employés. La faute à des prix des séjours qui sont aujourd’hui compris entre 400 et 600 euros en moyenne pour semaine dans certaines structures ? «L’ambition portée par notre association reste que la colonie ce soit d’être un objet social et pas une structure faisant du chiffre pour du chiffre» terminé le représentant de l’Ufcv. Un appel à ce que les colonies de vacances retrouvent le chemin, le sens de ce qui a fait leur succès initial ?

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les hôtels pas encore pleins comme avant le Covid au 1er trimestre

Le recul de la fréquentation est de 16,4 %, alors que le nombre de touristes français est encore un peu en-deçà de son niveau d’avant la crise sanitaire (-7,1 %).

Les hôtels n’ont pas encore retrouvé la fréquentation d’avant-crise sanitaire au premier trimestre en France, la présence des touristes étrangers étant inférieure de plus d’un tiers à ce qu’elle était en 2019, indique l’Insee mercredi. Globalement, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques, hors campings, indiquée en nombre de nuitées, est inférieure de 11,3% à son niveau du premier trimestre 2019, a annoncé l’institut dans sa note de conjoncture.

Un recul concentré principalement en Île-de-France

Dans les hôtels, le recul est de 16,4% contre 1,2% dans les autres hébergements collectifs de tourisme, et si la fréquentation des touristes français est encore un peu en-deçà de son niveau d’avant la crise sanitaire (- 7,1%), celle des touristes venus d’autres pays “reste nettement en retrait, de -36,7%», détaille l’Insee. Cette baisse de la fréquentation au premier trimestre 2022, comparée à la même période de 2019, «concerne toutes les catégories d’hôtels, mais elle est un peu moins marquée dans les établissements haut de gamme», selon les données disponibles. Pour les hôtels 1 et 2 étoiles et les hôtels non classés, la fréquentation est en baisse respectivement de 21,1% et de 23,6% car “ces catégories d’hôtels cumulent un fort recul de la fréquentation» des touristes étrangers et «une baisse sensible des nuitées» de la clientèle française, commentaire de l’Insee. Dans les hôtels 3 étoiles et les établissements 4 et 5 étoiles, le recul est moindre – respectivement -12,3% et -14,6% – car la présence de la clientèle française a «limité l’impact de la désaffection» des clients étrangers.

Au premier trimestre 2022, le recul de la fréquentation hôtelière «est concentré principalement en Île-de-France» : 3,9 millions de nuitées en moins, pour une baisse nationale de 7 millions. Auto “si la clientèle d’affaires est partiellement revenue, la désaffection de la clientèle» étrangère «ne s’estompe pas». La fréquentation demeure inférieure à son niveau d’avant-crise, dans des proportions minimales, dans les massifs de montagne (-3,1%) et sur le littoral (-6,4 %), mais le retour de la clientèle résidente, en hausse respectivement de 10,1% et 2,6% par rapport au premier trimestre 2019, limite l’impact de l’absence d’une partie des touristes étrangers. De janvier à mars 2022, en France métropolitaine, les nuitées hôtelières de la européenne sont en retrait de 27,1% mais celles des clientèles non européennes chutent de 53,7%, comparées à 2019. Par nationalité, sur la période les touristes clientèle en provenance du Royaume-Uni ont été presque deux fois moins nombreux (-44,6%) qu’au premier trimestre 2019, contre un recul de 30% pour ceux venant d’Allemagne, tandis que les Néerlandais en revanche sont davantage venus ( +16%) qu’avant-crise sanitaire.


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