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nos meilleures expériences à la belle saison autour de Corte

Avec 120 sommets de plus de 2000 m, la montagne corse n’a rien à envier aux massifs du Continent. En été, ses grands espaces constituant un formidable terrain de jeu ainsi qu’une alternative réussie à un séjour sur la côte.

Terre de quiétude mais aussi d’émerveillement, la montagne corse recèle des trésors naturels d’exception. Tous ses principaux massifs – Monte Cinto, Monte Rotondo, Monte Renoso ou Monte Incudine – sont protégés par le Parc naturel régional de Corse, qui concerne plus de 50 % de la superficie totale de l’île de Beauté. Un territoire sauvage où se rencontre une biodiversité unique en Méditerranée : le mouflon corse, le cerf élaphe, le gypaète barbu ou la sittelle sont ici chez eux, évoluant entre forêts de hêtres, pins laricio, prairies d’altitude et crêtes rocheuses.

Pour découvrir facilement cet univers grandiose mais parfois reculé, le mieux est d’installer son camp de base autour de Corte, l’agréable « capitale » de la Corse intérieure. Il sera alors aisé de rayonner vers les différentes vallées des environs, de la Restonica au Tavignano et du Vecchio à l’Asco, sans oublier la région méconnue du Niolo. En complément, on pourra aussi faire un détour par la verdoyante Castagniccia, où le châtaignier est roi.

S’offrir des panoramas à couper le souffle

Au-dessus du village de Vivario, la silhouette du fort de Pasciolo défiant le Monte Cardo compose un tableau saisissant. Jean Tiffon / Le Figaro

Nul besoin d’être un grand sportif pour profiter des panoramas du Centre Corse : il suffit d’emprunter ses routes, qui serpentent au creux des gorges et partent à l’assaut des montagnes ! Aux portes de Corte, remonter la vallée de la Restonica procurez-vous déjà de belles sensations : on rejoint les bergeries de Grutelle en suivant la rivière au milieu d’un irrésistible décor rocheux. Plus au sud, la route qui grimpe vers le col de Vizzavona offre des vues spectaculaires sur les gorges du Vecchio, enjambées par un viaduc signé Eiffel. Au-dessus du village de Vivario, la silhouette du fort de Pasciolo défiant le Monte Cardo compose un tableau saisissant. Au nord, sur la route du Niolo, la vertigineuse Scala de Santa Regina dérouler des paysages façonnés par le minéral, offrant un aspect quasi désertique.

  • Notre conseil : le voyage en train entre Corte et Vizzavona (compter une petite heure de trajet) permet aussi d’en prendre plein les yeux ! L’aller-retour est possible dans la journée. Infos sur le site des Chemins de fer de la Corse.

Randonner au cœur d’une nature éblouissante

Dans la Restonica, le sentier qui grimpe vers les lacs glaciaires de Mélo et Capitello fait figure de classique ; seul bémol, il est parfois très cité au cœur de l’été. D. Salielli / OT Centre de Corse

Si le fameux GR 20 ou le Mare a mare nord traverse la région, il n’est pas nécessaire de s’engager dans ces randonnées exigeantes pour profiter de la montagne et de ses merveilles. Dans la Restonica, le sentier qui grimpe vers les lacs glaciaires de Mélo et Capitello fait figure de classique ; seul bémol, il est parfois très cité au cœur de l’été. À quelques kilomètres, la haute vallée du Tavignano ne connaît pas ces problèmes : accessible uniquement à pied, la zone offre de splendides randonnées, à l’image de celle de l’Arche de Corte. Plus au sud, une grande piste mène à la Cascade des Anglais en traversant la forêt de Vizzavona, ombragée de hêtres et de pins laricio. Un Parc Aventure propice à la pratique de l’accrobranche s’y cache. Outre la randonnée, les plus sportifs pourraient aussi s’adonner à l’escalade sur les hauteurs de Capitello ou à la via ferrata dans la Vallée de l’Asco.

  • Avertissement : la montagne n’est pas sans danger. Avant de s’engager sur les sentiers, il faut s’informer sur les conditions climatiques et s’équiper correctement (chaussures de marche, vêtements chauds en cas d’intempérie, eau et provisions, etc.).

Se baigner dans l’eau pure des rivières et des torrents

Les possibilités de baignade en eau vive sont innombrables dans la région. D. Salielli / OT Centre de Corse

Les possibilités de baignade en eau vive sont innombrables dans la région. Trous d’eau et vasques alimentés par une eau limpide se succèdent le long du cours de la Restonica. Après le bain, une sieste sur un rocher s’impose ! Moins utilisée, la vallée du Tavignano cache aussi de superbes piscines naturelles comme celle de Lavu di a Matra, où l’on peut nager tranquillement. Plus au nord, la Vallée de l’Asco un tout du paradis pour ceux qui souhaitent se rafraîchir dans un cadre naturel grandiose. Notre spot préféré ? Le pont génois situé sous le village d’Asco, où les gamins s’amusent à plonger quand le niveau de l’eau est suffisant. Plus au sud, en direction de Vivario, le Vecchio se prête bien au canyoning : faites appel à Canyon Corse pour organiser votre randonnée aquatique.

  • Notre conseil : il est fortement déconseillé de se baigner en cas d’orage. Le niveau de l’eau peut alors s’élever brutalement.

Goûter aux saveurs locales et rencontrer des producteurs

La ferme d’Une Chjusellina produit du veau corse, de l’agneau de lait et des charcuteries issues de porc nustrale. Presse photographique

Votre quête de produits gourmands risque bien de s’éterniser sur ce territoire où la tradition n’est pas un vain mot. Comme ailleurs en Corse, on peut suivre la Route des Sens Authentiques pour dénicher les meilleurs producteurs locaux. La ferme d’Une Chjusellina produit du veau corse, de l’agneau de lait et des charcuteries issues de porc nustrale. À la table de son auberge, on déguste terrine au figatellu, beignets au fromage, farcis de légumes et sauté de veau. À Venaco, Mathieu Guglielmi préparation d’exceptionnels fromages de brebis au lait cru. Terre de transhumance, la vallée du Niolo accueille de nombreux bergers comme la famille Albertini, à Albertacce. Il faut absolument goûter à leur casgiu niulincu ! C’est moins connu mais le Centre Corse possède aussi un vignoble remarquable, le domaine Vico. Produits dans les trois couleurs, ses vins font preuve de caractère grâce à des conditions climatiques originales – altitude, amplitude thermique – et des sols spécifiques.

  • Pour les gourmands : les douceurs ne manquent pas non plus. À Soveria, on se régale des chocolats et confiseries d’Alexia Santini tandis qu’à Piedigrigio, on déguste les biscuits croquants d’Anne Marchetti.

Découvrir les secrets de Corte, ancienne capitale de la République corse

On chemine avec bonheur Corte, admirant au passage la discrète chapelle Sainte-Croix avant de gagner la citadelle. Jean Tiffon / Le Figaro

Dominée par un rocher sur lequel une citadelle a été créée dès 1419, Corte possède d’une place à part dans l’imaginaire corse. En effet, c’est dans cette ville que Pascal Paoli a installé sa capitale durant la brève indépendance de l’île, entre 1755 à 1769. Le Palais national abritait ainsi son gouvernement, tout en hébergeant la première université de Corse. Il faut prendre le temps de se balader dans les jolies rues de la ville, bordées de hautes demeures en pierre coiffées de toits de lauze. On chemine avec bonheur de place en place, admirant au passage la discrète chapelle Sainte-Croix avant de gagner la citadelle. Construite par un seigneur corse allié des Aragonais, elle a ensuite été remaniée par les Génois et les Français. Ce nid d’aigle abrite aujourd’hui le musée de Corse, qui présente un intéressant fond ethnographique sur l’île et ses traditions ainsi que d’ambitieuses expositions temporaires. Après Matisse en 2021, place à l’architecture insulaire en 2022 !

  • Visite guidée : pour ceux qui souhaitent approfondir leur découverte de Corte, l’office de tourisme organise des visites intéressantes thématiques de la ville. Renseignements au 04 95 46 26 70.

Carnet pratique

Y ALLER

Air France, Air Corsica, Transavia, Volotea et Easyjet desservent Bastia – l’aéroport le plus facilement accessible depuis Corte – au départ de Paris et de très nombreux aéroports de Province.

Corsica Ferries et Corsica Linea proposent des traversées en bateau entre le continent et Bastia au départ de Marseille, Toulon ou Nice.

OU DORMIR ?

Élégante demeure du XIXe siècle nichée en pleine forêt, ce quatre-étoiles met l’accent sur la culture corse et ses traditions. Presse photographique

Hôtel U Castellu

Élégante demeure du XIXe siècle nichée en pleine forêt, ce quatre-étoiles qui met l’accent sur la culture corse et ses traditions promettent une pause rafraîchissante dans la chaleur de l’été. Les sentiers sont innombrables dans ses environs, et la gare à seulement 10 minutes à pied. Chambres à partir de 120 €.

Hôtel U Castellu , Vizzavona, 20219 Vivario. Tél. : 04 95 30 53 00.

Dominique Colonna

Hôtel de charme posé en pleine nature, l’établissement réserve de belles surprises avec ses chambres au look contemporain, sa terrasse alanguie au bord de la Restonica et sa piscine. Chambres à partir de 140 €.

Hôtel Dominique Colonna, lieu dit Restonica, 20250 Corte. Tél. : 04 95 45 25 65.

Refuge de la Séga

Gardé de fin mai à mi-octobre, le refuge de la Séga est idéal pour s’accorder une nuit en pleine montagne. D’une capacité de 36 places et dortoirs simples de huit places, pas de couvertures, mais des repas peuvent être servis en soirée. Réservations très à l’avance sur : pnr-resa.corsica. Vallée du Tavignano. Tél. : 09 71 72 36 80.

BONNES TABLES

Classique cortenais s’il en est, U Campanile mise sur une bonne cuisine traditionnelle corse, aussi savoureuse que généreuse. Compter environ 25 € pour un repas. 2 rue de l’Église, 20250 Corte. Tél. : 06 25 78 12 49.

La Rivière des Vins régale les bons vivants avec ses charcuteries insulaires et ses viandes locales cuites au feu de bois. Compter environ 25 € pour un repas. 5 rampe Sainte-Croix, 20250 Corte. Tél. : 04 95 46 37 04.

À quelques minutes du centre de Corte, L’Ostaria de l’Orta dispose, en plus de ses chambres d’hôtes, d’une bonne table où les produits du cru et les légumes du jardin sont à l’honneur. essayez de repartir avec l’une des délicieuses conserves de la maison. 2 av. du Pont de l’Orta, 20250 Corte. Tél. : 04 95 61 06 41.

DOUCEURS

La pâtisserie Casanova régale Cortenais et becs sucrés de passage depuis 1887. Elle est réputée pour sa falculelle – une variante du fiadone préparé avec du brocciu, du jaune d’œuf et du sucre – ou pour ses fondants à la châtaigne. 4 cours Paoli, 20250 Corte. Tél. : 04 95 46 32 49.

Maison Alexia Santini – Confiserie Saint-Sylvestre, 20250 Soveria. Tél : 04 95 47 42 27.

PRODUITS DU TERROIR

L’épicerie A Robba Paisana regroupe plusieurs producteurs de la région et fonctionne en circuit court. 7 av. de la République, 20250 Corte. Tél. : 06 79 55 53 06.

Particulièrement photogénique avec ses étagères regorgeant de victuailles et ses charcuteries qui pendent au plafond, L’Epicerie Ghionga se visite presque comme un musée ! Elle existerait depuis plus de deux siècles. 9, rue du Vieux-Marché, 20250 Corte. Tél. : 04 95 58 70 86.

L’Andatu disposer d’un très beau choix de produits du terroir provenant de chez différents artisans locaux. Impasse du Cours, 20250 Corte. Tél. : 04 95 46 11 98.

À VOIR, À FAIRE

Musée de la Corse, rue de la Citadelle, 20250 Corte. Tél. : 04 95 45 25 45.

L’agence Couleurs corse programme différents séjours dédiés à la randonnée, accompagnés ou assistés, dans tous les massifs et sur le GR 20.

SE RENSEIGNER

Office de tourisme de Corte : corte-tourisme.com

Office de tourisme de Corse : visite-corse.com

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ces statistiques étonnantes sur le profil des voyageurs

Motivations au départ, itinéraires préférés… Une étude dresse le portrait des cheminants toujours plus nombreux à s’élancer, en France comme en Espagne, en direction de Saint-Jacques de Compostelle. Avec quelques surprises.

Sans même les avoir parcourus, connaître le nombre de Français, au moins de nom, les Chemins de Compostelle. Classé à l’Unesco depuis 1998, cet ensemble d’itinéraires pédestres est traditionnellement emprunté depuis le Moyen Âge par les pèlerins pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. En 2019, 347.578 marcheurs ont été remis au bureau d’accueil des pèlerins de la capitale galicienne, contre 3501 en 1988, tandis que Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques), point de convergence des Chemins, a accueilli 61.104 pèlerins.

Un succès qui pourrait s’amplifier encore au vu des nouvelles attentes des voyageurs. «Les Chemins de Compostelle répondent à une demande croissante pour un tourisme différent, plus authentique, centré sur le bien-être, le respect de l’environnement et la valorisation des territoires», estime Caroline Boucher, directrice générale d’Atout France. L’organisme public et l’Agence française des Chemins de Compostelle ont présenté ce 11 mai les résultats d’une enquête (1) sur les publics et leurs motivations, la dernière étude de cette envergure remontant à 2003. Voici ses principaux enseignements :

Une envie de se ressourcer et de se déconnecter

Traditionnellement liés à la notion de « pèlerinage » et à une dimension religieuse, les Chemins de Compostelle attirent finalement beaucoup moins de croyants qu’on le pense. Seuls 12 % des cheminants partent avec une démarche liée à leur foi. Néanmoins, la notion de spiritualité est la principale motivation à partir proposé sur les Chemins de Compostelle plutôt que sur un autre sentier de randonnée.

Un voyageur sur deux (51 %) cite en effet l’envie de « prendre du temps pour soi » et le besoin de « rupture », notamment après un choc de vie, comme principales motivations. Autres raisons les plus citées : l’envie de pratiquer la marche ou la randonnée (45 %) et les rencontres avec d’autres voyageurs (41 %), tandis que la découverte du patrimoine est moins prioritaire (24 %).

Une majorité de femmes et de marcheurs solitaires

Un cheminant sur deux réalise son périple étant en seul. Ici Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques), étape majeure des Chemins de Compostelle. Pierre Carton

Les cheminants sont majoritairement des femmes (54 %). Ils marchent seuls (50 %), bien moins souvent entre amis (22 %), en couple (18 %) ou en famille (9 %), et se présentent en premier lieu de Paris et des départements du Rhône et de la Garonne. Les Chemins attirent autant de retraités (44 %) que d’actifs (44 %), qui exercent en majorité des professions libérales et supérieures. À noter aussi la partie non négligeable des moins de 35 ans qui représente un voyageur sur dix, tandis que la tranche 35-50 ans est très peu représentée.

En moyenne, les marcheurs dépensent 45,40 € par jour pour les repas et l’hébergement et parcourent 26 km par jour pour une durée de séjour totale de 28 jours. Une durée «très élevé par rapport à une démarche ‘touristique’ classique»souligne l’étude.

La voie du Puy éclipse les autres itinéraires

Bien moins connue sur la voie du Puy, la voie du Piémont pyrénéen (GR78) relie Montpellier à Saint-Jean-Pied-de-Port via Carcassonne sur 700 km. ADT09

Il n’existe pas un, mais une douzaine de chemins de Compostelle côté français. La voie du Puy (GR65) est empruntée par plus d’un voyageur sur deux (55 %), près de 20.000 chemins s’étant élancés du Puy-en-Velay (Haute-Loire) en 2019. C’est oublier l’ existence de nombreuses autres variantes, comme la voie d’Arles (GR653, 13 %), la voie de Vézelay (GR654, 12 %) ou le chemin du Piémont pyrénéen (GR78, 6 %). L’une d’elles, la voie de Tours (GR655, via Turonensis), part de Paris, au pied de la tour Saint-Jacques.

De quoi créer un « déséquilibre de fréquentation entre les itinéraires », voire la « surfréquentation de certains tronçons de la voie du Puy à certaines périodes », observez l’Agence, qui précise que les autres voies n’accueillent que quelques milliers de chemins sur toute une année. Le manque d’hébergements et d’aménagements (toilettes, points d’eau, poubelles…), le mauvais balisage des sentiers ou tout simplement la méconnaissance peut expliquer le manque d’attractivité des autres itinéraires.

Hébergement : entre improvisation et manque de lits

Si un voyageur sur deux (54 %) réserve ses hébergements avant le départ, totalement ou partiellement, une grande partie préfère laisser place à l’improvisation en le réservant la veille pour le lendemain, voire le jour même (33 %). Appréciés pour leur prix modique, les gîtes d’étape sont les hébergements les plus largement plébiscités (81 %), loin devant les chambres d’hôtes (30 %), les presbytères (19 %) et les hôtels (15 %). Néanmoins, des différences notables existent selon les âges. Ainsi, le bivouac est le deuxième mode d’hébergement utilisé par les moins de 35 ans.

L’offre d’hébergement est un point faiblement souligné par les personnes interrogées, 43 % d’entre elles ayant rencontré des difficultés à trouver un toit pendant leur cheminement. En cause, le manque d’hébergements dans certaines zones, le manque de lits/chambres disponibles et des logements trop chers pour le budget prévu.

(1) Enquête réalisée de mai à novembre 2021 via des questionnaires distribués en ligne ou sur le terrain sur environ 500 lieux répartis sur l’ensemble des Chemins de Compostelle de France. Parmi les 3640 témoignages recueillis, 3565 ont été retenus pour l’enquête.

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