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les rendez-vous au marché noir !

Les réseaux sociaux ne parlent pas que de ça ! Cette année, avec la récente ouverture des frontières, c’est le rush sur les plateformes de BLS et TLS pour se rendre en Espagne ou en France, deux destinations phares des Marocains. Seulement, les rendez-vous sont également introuvables et les délais d’obtention du visa s’allongent, compromettant parfois les voyages de nombreuses personnes. Sur les réseaux sociaux, beaucoup dénoncent tout un écosystème qui s’est greffé autour des visas : les rendez-vous sont vendus par des « intermédiaires » ou des « agences » qui rivalisent d’ingéniosité pour offrir les meilleurs prix. Une affaire apparemment juteux. Enquête.

Après deux années de crise sanitaire, les Marocains attendent les vacances estivales sur des charbons ardents. Enhardis par la levée des mesures restrictives, nombreux sont ceux qui ont commencé à préparer leur voyage à l’étranger. Mais les choses ne se passent pas comme prévues pour tout le monde. Si pour certaines destinations, le parcours pour obtenir le visa est assez fluide, pour d’autres, il s’avère plutôt compliqué. C’est notamment le cas des personnes qui souhaitent se rendre en France ou en Espagne. Deux destinations préférées des Marocains.

Dur, dur de trouver un rendez-vous pour le visa !

À l’approche de l’été, les demandes de visas pour s’y rendre explosent. Si plusieurs personnes ont dû faire face à des refus, d’autres ne parviennent même pas à obtenir un rendez-vous. Le sujet enflamme les réseaux sociaux. Les internautes y partagent leurs mésaventures et appellent les autorités à trouver une solution. «Lorsque nous avons décidé de partir en Espagne cet été, nous étions loin d’imaginer que nous allions galérer autant, rien que pour obtenir un rendez-vous pour le visa Schengen. Je tente ma chance chaque jour, depuis plus de deux semaines, mais en vain», se lamente Loubna, dans un groupe de voyageurs marocains sur Facebook. « Au début, il fallait absolument se connecter toutes les demi-heures, car le système faisait apparaître quelques dates vides en vert. Mais le temps de remplir les données, soit ça nous fait revenir à la page d’accueil, soit ça bloque. Maintenant, de jour comme de nuit, il n’y a rien du tout. Il n’y a qu’à voir mon historique pour avoir une idée sur le nombre d’essais que j’ai effectués jusqu’à présent. On attend que quelqu’un tombe sur l’ouverture des dates pour le mois de juin pour essayer. C’est très pénible ! Dans les infos, ils ont dit que les autorités allaient faciliter la procédure. Là, nous demandons simplement de nous donner la possibilité de prendre un rendez-vous, on ne parle même plus d’accepter ou de refuser l’octroi du visa», développe-t-elle. «Je connais beaucoup de personnes qui ont pu obtenir leur visa pour aller en Espagne ces derniers jours. On leur a même accordé des durées assez longues, trois mois et plus. Par chance, ces personnes s’y sont prises à l’avance. Mais maintenant, sur l’impression que c’est mort. Il faut absolument trouver un plan B. Rien que pour prendre un rendez-vous pour déposer nos dossiers, on nous en fait voir de toutes les couleurs ! », renchérit un autre internaute.

Selon des témoignages de personnes ayant décroché le sésame, il faut 1 mois et 20 jours pour un visa auprès de l’Espagne, voire au-delà. Autant dire que les vacances d’été sont compromises et qu’il faut changer de plan. Une situation qui est vivement dénoncée. Des dizaines de témoignages sont en effet publiés tous les jours sur les réseaux sociaux. Les demandeurs de visas, en particulier dans les centres de Casablanca et Rabat, désespèrent et se demandent pourquoi la prise de rendez-vous est devenue si difficile. Pour s’en assurer, la rédaction du « Matin » a fait l’expérience de réserver sur le site de BLS International, le plus sollicité en cette période, mais aucune date n’est disponible d’ici fin mai. Pourquoi ?

Le juteux business des intermédiaires

La difficulté d’obtenir un rendez-vous pour déposer la demande de visa est principalement due aux intermédiaires, selon nos investigations et de nombreux témoignages. « Pour prendre un rendez-vous, il faut absolument payer un « semsar », sinon aucun moyen de trouver un créneau libre. Quand arnaque et corruption s’immiscent même dans nos plans de vacances, et personne ne dit rien. C’est honteux !”, proteste une internaute. « C’est devenu une mafia de rendez-vous. Le site se bloque à chaque fois que les dates sont disponibles, il est devenu impossible de réserver un créneau», témoigne une autre personne.

Pour protester, des personnes parlent d’un projet de pétition contre les intermédiaires pour faire entendre leur voix et arrêter cette pratique. « Il faut absolument faire quelque chose pour que ça cesse. Lancer une pétition est une très bonne idée. Il paraît que c’était aussi le cas dans un autre pays maghrébin et qu’après la pétition à grande échelle, les services consulaires ont changé le prestataire», indique Adil sur Facebook.
À en croire ces partages sur les réseaux sociaux, les intermédiaires feraient la pluie et le beau temps. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à proposer leurs services en ligne. Ils accapareraient intégralement la totalité des rendez-vous de dépôt de dossiers dès que ceux-ci sont disponibles, avant de les écouler au prix fort à certains demandeurs de visa. Il suffit de taper BLS ou TLS sur la barre de recherche sur Facebook pour tomber sur une liste d’intermédiaires ou de pseudo «agences» qui promettent les fameux rendez-vous en les contactant simplement sur un numéro WhatsApp. «Le Matin» a tenté de joindre deux d’entre eux, en se faisant passer pour des «clients», pour mieux comprendre les rouages ​​de ce business. Très réactives, ces personnes demandent simplement une copie de la première page du passeport. Nous avons aussi appris que le prix varie selon la ville. Casablanca et Rabat sont les plus chères. Le prix dépend aussi du nombre de personnes qui vont voyager. Pour une famille de 4 personnes, par exemple vivant à Casablanca, ce rendez-vous coûtera entre 400 et 600 DH par voyageur. Ce montant peut atteindre 1.000 DH pour une personne qui voyage seule. «Nos intermédiaires» nous ont expliqué qu’ils disposent de scripts spéciaux leur permettant d’intercepter les rendez-vous dès qu’ils s’affichent sur les plateformes. Mais en ce moment, ils n’ont rien à offrir avant début juin, car tout est full. Nous n’avons malheureusement pas pu récupérer ces informations auprès des centres BLS International et TLS Contact Maroc, qui sont restés injoignables, ni les interrogent sur les locataires et aboutissants de cette situation pour le moins inédite.

Anticiper pour éviter le problème de saturation des créneaux de rendez-vous

Sollicitée par nos soins, une source de l’ambassade d’Espagne a préféré s’accorder du temps et une promesse de nous fournir des réponses demandées. Nous avons, en revanche, pu joindre un responsable à l’ambassade de France qui a recommandé aux demandeurs de visas de ne jamais utiliser aux intermédiaires pour dénicher un rendez-vous. « Tout demandeur de visa voulant obtenir un rendez-vous devrait l’avoir. C’est tout à fait légitime. Le problème se pose pendant certaines périodes comme celle des vacances d’été. Il faut essayer d’anticiper pour ne pas être confronté au problème de saturation des créneaux de rendez-vous. On recommande aussi, au niveau de l’ambassade et des consulats généraux, à tous les demandeurs de visa de se connecter personnellement à la plateforme des rendez-vous et ne jamais proposé aux services des prétendus intermédiaires», indique notre source. Et d’ajouter que « depuis l’ouverture des liaisons aériennes, nous constatons que la demande des visas est très forte ces derniers mois. Et face à cette demande, nous ouvrons de nombreux créneaux de rendez-vous qui sont différenciés selon le type et la durée des visas demandés. Pour éviter les refus, il est important d’avoir un dossier très complet avec tous les justificatifs tel qu’indiqué sur le site France Visa. Même s’il y a bien un quota de visas qu’on ne peut pas dépasser, un grand nombre de refus est motivé par des informations incomplètes, erronées et parfois fausses, concernant les réservations d’hôtel, notamment».

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Faute de visa, des voyageurs se rabattent sur la Turquie

Les prochaines vacances d’été marquent le grand retour des voyages à l’étranger. Les agences de voyages, lourdement impactées par la crise sanitaire, ont repris leurs vieilles habitudes et ont préparé plusieurs offres adaptées aux différents goûts et budgets. Les complications d’obtention du visa Schengen constatées par les demandeurs auront-elles un impact négatif sur leur activité ? Apparemment, non. « Nous avons préparé différentes offres à destination de l’Espagne : Las Palmas, Costa del Sol, Andalousie, Barcelone, Madrid… Mais aussi vers le Portugal et la France, de courtes et moyennes durées. Ce sont, en effet, les destinations les plus prises par les Marocains pour l’été. Jusque-là, nous ne constatons aucun souci au niveau des réservations. Nos clients arrivent avec leur visa comme d’habitude et choisissent la formule qu’ils préfèrent. Nous avons remarqué, par ailleurs, que la plupart des personnes qui n’ont pas pu obtenir leur visa optent cette année pour la Turquie», nous indique un responsable marketing d’une agence de voyages à Marrakech. Même son de cloche auprès de deux autres voyagistes à Casablanca.

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des agences de voyages sanctionnées par la tutelle

Le ministère du Tourisme vient d’annoncer la décision d’infliger des sanctions à l’encontre de certaines agences de voyage, dont celles concernées par les derniers incidents de l’opération Omra de Ramadan 2022.

Les décisions de sanctions prises font suite à l’examen par le Comité Technique Consultatif des Agences de Voyages (CTCAV) d’un ensemble de plaintes à l’encontre de certaines agences de voyages. Cette initiative intervient dans le cadre des actions requises par le ministère du Tourisme, de l’artisanat et de l’économie sociale et solidaire en collaboration avec la fédération nationale des agences de voyage du Maroc (FNAVM), pour l’encadrement de l’ activité touristique et du contrôle de la qualité des services.

Le CTCAV, dont la FNAVM est membre de plein droit, s’est réuni les 8 mars , 22 avril et 5 mai 2022 pour examiner ces dossiers et a prononcé les sanctions suivantes :

  • (02) Deux retraits définitifs de la licence d’agence de voyages à l’encontre de :

« Al Assil » à Casablanca ; agence qui est à l’origine des incidents et désagréments qui se sont déclarés au niveau de certains aéroports lors du départ de plusieurs clients pour effectuer la Omra du mois sacré de ramadan ;
« Clic Vacances » à Tétouan.

  • (02) Deux retraits provisoires, pour une durée de 03 mois, de la licence d’agence de voyages à l’encontre de :

« Asfar Al Omaricom » à Témara ;
« Bon Flay » à Salé.

  • (07) sept agences ont reçu un avertissement, avec :

Un délai d’un mois pour régler les litiges, pour 2 agences de voyages ;
Un délai de 15 jours pour régler les litiges pour une agence de voyages ;
Sous peine de retrait définitif en cas de récidive pour 4 agences de voyages.

Ces agences de voyages ne sont plus habilitées à postuler à la labellisation pour organisateur le pèlerinage pendant 3 ans.

« Compte tenu de ce qui précède et pour prévenir des incidents similaires, les clients des agences de voyages sont des prix d’exigence des contrats, précisant les services achetés, les montants correspondants et les modalités de leur réalisation ainsi que les conditions de leur résiliation » , indique le ministère dans un communiqué.

Par ailleurs, vu la reprise de l’activité touristique, les agences de voyages sont tenues d’ouvrir leurs locaux aux clients d’une manière permanente pendant les horaires de travail et ce, conformément à la loi portant sur l’organisation des agences de voyages, notez la même source.

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Visas Schengen, test PCR,… les Marocains préparent leurs vacances

Les agences de voyages préparent comme d’habitudes des offres pour les clients qui choisissent de passer leurs vacances en dehors du Maroc

Avec l’amélioration de la situation sanitaire et la levée de la majorité des mesures restrictives, il sera plus simple de voyager l’été prochain. Les professionnels du secteur du tourisme que nous avons contactés s’attendent à ce que les destinations marocaines soient très prisées au cours de la prochaine saison estivale. Pour les déplacements à l’étranger, on constate que l’obligation du test PCR et le durcissement d’octroi du visa Schengen, freinent plusieurs voyageurs.

L’été approche à grands pas. C’est le moment ou jamais pour commencer à préparer les grandes vacances. Certains s’y sont déjà mis depuis quelques semaines. Il faut dire qu’après deux années de restrictions sanitaires, les Marocains n’ont qu’une hâte : partir en voyage avec leurs familles et profiter de leurs vacances. « Nous avons prévu d’aller en Turquie cet été. Ce genre de voyage nous a tellement manqué. Les enfants sont très heureux et impatients de partir. Ça fait tellement du bien de pouvoir enfin renouer avec nos vieilles habitudes d’avant la crise», témoigne Hasnaa, 37 ans, mère de deux enfants.

Que ce soit à la maison, au boulot ou sur la toile, les préparatifs pour les vacances estivales sont un sujet qui alimente les discussions ces derniers temps. Sur les groupes de voyageurs sur les réseaux sociaux, les internautes partagent leurs expériences, leurs plans et s’informent sur les offres, les conditions de voyages… On constate, cependant, que beaucoup d’entre eux rencontrent plusieurs difficultés pour obtenir le visa Schengen . C’est, en effet, un véritable parcours du combattant auquel sont confrontés les demandeurs de visa. De la prise du rendez-vous sur les sites qui ne marchent pas à la validation du dossier qui dure plus de temps que prévu, il faut s’armer de beaucoup de patience. « L’Espagne et la France font partie des destinations préférées des Marocains. À l’approche de l’été, les demandes de visas pour se rendre à ces pays ont explosé. Plusieurs personnes ont dû faire face à des refus quasi systématiques, parfois injustifiés, sans parler des difficultés à obtenir des rendez-vous», déclare au «Matin» Khalid Benazouz, président de l’Association régionale des agences de voyages de Casablanca-Settat ( ARAVCS).

Ce dernier souligne, par ailleurs, qu’un grand nombre de Marocains souhaitent passer les vacances estivales à l’étranger cette année. «Le secteur du tourisme qui a été fortement impacté durant la crise sanitaire s’est réjouit de l’ouverture des frontières et de la reprise de notre activité. Les agences de voyages préparent comme d’habitude des offres pour les clients qui choisissent de passer leurs vacances en dehors du Maroc. En plus des pays européens comme la France, l’Espagne, le Portugal…, les Marocains apprécient toujours la Turquie et Dubaï. Ces deux destinations sont très prises», indique Benazouz. Le président de l’ARAVCS souligne, en outre, qu’il reste encore un critère qui dérange beaucoup les professionnels du tourisme. Il s’agit de l’obligation du test PCR et du pass vaccinal pour les personnes qui rentrent au Maroc par voie aérienne. «Cette condition nous fait perdre beaucoup de clients. Le coût élevé du test PCR qui varie entre 80 et 100 euros fait hésiter plusieurs personnes, surtout celles qui voyagent en famille. C’est un sacré budget supplémentaire à prévoir. Il faut l’annuler rapidement comme ça a été le cas pour les voyages par voie maritime», indique Benazouz.

Le voyagiste constate également que plusieurs Marocains ont choisi de passer leurs vacances au Maroc, soit par manque de moyens ou par peur de rester bloqués quelque part. « Les Marocains n’ont pas complètement dépassé leur crainte de la pandémie. Certains n’osent pas partir à l’étranger, car ils ont peur d’être bloqués. D’autres ne peuvent pas le faire par manque de moyens financiers. La crise sanitaire et l’inflation actuelle ont eu un impact important sur le pouvoir d’achat de tous les Marocains», explique-t-il. « Nous nous attendons à ce qu’il y ait beaucoup de voyages nationaux cet été. Les réservations ont commencé et on s’attend à ce qu’il n’y ait plus de places dans les hôtels pour les retardataires dans les villes touristiques comme Marrakech, Agadir, Houceima, Saidia, Ouarzazate… les Marocains partiront à la découverte de leur pays en famille. On est très optimiste», développe Benazouz.

Même son de cloche chez Wissal El Gharbaoui, secrétaire général de la Confédération nationale du tourisme (CNT). « Pour ce qui est du marché intérieur, nous pensions qu’il pourrait se présenter positivement pour la prochaine saison estivale. Mais cela ne suffira pas à rattraper les pertes de deux années d’arrêt d’activité et ne comblera pas tout le manque à gagner des marchés internationaux, qui représentent 70 % de l’activité touristique dans notre pays”. La responsable souligne, par ailleurs, que la saison d’été risque d’être plus courte cette année, si les établissements scolaires décalent les vacances estivales jusqu’au mois d’août comme ce qui a été annoncé en début d’année.

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Le protocole sanitaire est toujours maintenu… pour l’instant

À l’approche des vacances d’été, de nombreuses personnes s’interrogent sur les réseaux sociaux, au sujet des conditions de voyage à l’étranger, d’autant plus qu’on parle beaucoup dernièrement d’un futur allègement du protocole sanitaire . Sachez que pour l’instant, les conditions n’ont pas changé. Pour les déplacements par voie aérienne, il est toujours obligatoire de présenter un test PCR négatif en plus du pass vaccinal, pour le voyage en bateau seul l’un des deux est requis.
Les rappels que des médecins, des scientifiques et des parlementaires se sont tous exprimés en faveur de l’allègement du protocole sanitaire. Une décision très attendue par les professionnels du secteur touristique. « De manière générale, nous nous réjouissons de la reprise des liaisons aériennes internationales et des liaisons maritimes de et vers notre pays, après une période de suspension qui a été très éprouvée pour notre économie touristique, dans le contexte de la crise sanitaire que nous connaissons . Les indicateurs de reprise de l’activité touristique internationale sont recommandés, mais nous constatons que nous ratons encore 50 % de notre part de marché naturel, en raison du maintien de conditions restrictives d’accès au territoire national, à savoir le pass vaccinal et le test PCR», indique Wissal El Gharbaoui. Et d’ajouter : « Cette condition représente une contrainte notamment sur le plan du coût de ce test. Pour une famille de quatre personnes par exemple, on atteint rapidement les 400 euros. Cela devient une condition dissuasive !»

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