Categories
Culture Loisirs Opinions Technologies Transport

le secteur du numérique généré plus de gaz à effet de serre que l’aviation

Les appareils électroniques, les centres de données et les objets connectés sont loin d’être écologiques. Les nouveaux usages du numérique ont un impact désastreux sur la planète, s’alarment les experts, et génèrent une consommation énergétique croissante.

Les défenseurs de l’environnement avaient instillé la honte de prendre l’avion (flygskam, en suédois). Faudra-t-il bientôt parler de la honte de surfer sur l’Internet ou de regarder un film sur Netflix ? Selon une étude publiée dans la revue Motifsles téléphones, ordinateurs, télévisions et autres centres de données générés entre 2,1 % et 3,9 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), contre 2,5 % pour l’aviation civile.

Les nouveaux usages du numérique, un gouffre énergétique

Les chercheurs ont procédé à une analyse de la littérature scientifique sur le sujet et ont révisé les chiffres à la hausse en incluant notamment les émissions totales liées au cycle de vie : fabrication (matières premières, transport…), usage (consommation d’électricité, entretien) et fin de vie (recyclage, mise en décharge…). Ils ont également pris en compte les nouveaux usages liés au numérique (Chaîne de blocs, Internet des objets, intelligence artificielle…). Et ces nouveaux usages sont particulièrement énergivores : l’entraînement d’un algorithme d’apprentissage automatique généré ainsi 284.019 kilogrammes d’équivalent CO2l’équivalent des émissions de cinq voitures durant toute leur durée de vie ! Résultat : le secteur du numérique généré entre 1,2 et 2,2 gigatonnes d’équivalent CO2 par an, soit une hausse de 40 % par rapport aux estimations précédentes en prenant la fourchette haute.

Entre 2002 et 2012, les émissions du secteur de la communication ont bondi de 40 %, soit une croissance annuelle de 1,8 %. « Les émissions du secteur progressent ainsi deux fois plus vite que les émissions globales », alertent les auteurs. En imaginant que les émissions du secteur du numérique restent stables d’ici 2050, elles représentent 35,1 % des émissions globales d’ici là.

La consommation électrique domestique a toutefois diminué durant les 15 à 20 dernières années, grâce notamment aux progrès des fabricants en matière d’efficacité énergétique. Malheureusement cette efficacité s’accumule produit aussi un « effet rebond »qui fait que les gens ont tendance à avoir un usage plus intensif quand leurs appareils consomment moins.

Des produits électroniques à durée de vie limitée et de plus en plus gros

Les usages des particuliers représentent environ la moitié de ces émissions. Les produits grand public sont utilisés moins fréquemment que les centres de données qui tournent eux en continu, mais sont aussi remplacés plus souvent, soulignent les auteurs. La durée moyenne de détention d’un téléphone mobile est ainsi d’à peine 25 mois. Les écrans ont également tendance à s’agrandir, avec pour conséquence une croissance exponentielle des émissions. Alors qu’un téléviseur de 20 pouces nécessite une puissance 20 watt pour fonctionner, un 60 pouces en requiert entre 110 et 150, soit six à sept fois plus, souligne un rapport de l’Ademe de 2018.

Le numérique va-t-il faire capoter l’accord de Paris ?

Pour rester dans les clous de l’accord de Paris, qui prévoit de limiter le réchauffement à 1,5 °C, il faudra que le secteur du numérique réduise son empreinte carbone de 42 % d’ici à 2030 et de 91 % d’ici 2050, calculent les experts. Difficile à imaginer quand on voit l’explosion des usages et du nombre d’appareils en circulation. Les auteurs sont d’ailleurs assez pessimistes pour l’avenir, prédisant une croissance continue des émissions dans les prochaines décennies. Une partie de la consommation électrique pourrait toutefois être assurée par les énergies vertes, ce qui réduirait la quantité de GES émise. « Si tous les appareils fonctionnaient avec l’électricité renouvelableles émissions chuteraient de 86 % », estime l’étude.

Data centers et cloud computing émettent trop de CO2 selon Greenpeace

Article de ETX Daily Up publié le 02/04/2010

L’ONG profite de la sortie de l’iPad aux Etats-Unis (le 3 avril) pour présenter une étude sur les émissions de CO2 par les centres de donnéesqui (surtout aux États-Unis), sont souvent alimentés par des centrales à charbon.

D’ici 2020, le réseau Internet et les centres de stockage des données informatiques (centres de données) tripleraient leurs émissions mondiales de gaz à effet de serre, prévoir Paix verte. La faute au Cloud computing(qui stocke les données ou logiciels sur le réseau et non pas dans le poste de travail) et à la multiplication des services en ligne, comme ceux qu’utilisent abondamment les livres électroniques et le nouvel iPad ré’Pomme.

Greenpeace en appelle donc aux constructeurs high-tech pour développer des serveurs de traitement de données plus respectueux de l’environnement, grâce à l’utilisation des énergies renouvelables plutôt que celle produite par le charbon.

Se fondant sur la consommation future des centres de données et des réseaux mondiaux de télécommunication du Web, Greenpeace estime que la consommation d’électricité de ces centres atteindra 1,963 milliard de kWh en 2020, soit plus du triple par rapport à aujourd’hui. « C’est largement plus que la consommation combinée de la France, l’Allemagne, le Canada et le Brésil », explique Greenpeace.

Forte de ce constat, l’ONG appelle les géants de l’industrie high-tech, comme Apple ou Facebookà utiliser aux énergies renouvelables pour créer des centres de données plus écologiques et plus économiques. Ce n’est qu’à cette condition, toujours selon l’association environnementale, que le développement de la Toile pourra accompagner le développement de l’économie verte.

Intéressé par ce que vous venez de lire ?

.

Categories
Environnement Opinions Technologies Transport

Aviation : un ciel plus vert, mais pour quand ?

Des avancées prometteuses avec des moteurs électriques sans émissions alimentées par des batteries ont été testées lors de trajets sur de faibles distances et durées. Ce sont donc les compagnies aériennes spécialisées dans les court-courriers à bord de petits avions qui ouvriront la voie vers le vol électrique. Cependant, à ce jour, aucune batterie n’est capable de faire voler un Boeing 747 entre New York et Londres.

Mon calcul d’expert préféré est celui de David Alexander, directeur des normes aérospatiales à SAE International (une association regroupant des spécialistes de l’ingénierie des transports). Selon lui, il faudrait la puissance de 4,4 millions de batteries d’ordinateurs portables rien que pour décoller. Sauf que l’appareil ne pourrait pas quitter le sol – les batteries pèseraient sept fois plus lourd que lui. À poids égal, le carburant liquide produit bien plus d’énergie que la batterie la plus performante utilisée aujourd’hui.

Depuis les débuts de l’aviation à réaction, l’industrie aéronautique offre des vols commerciaux standards sans cesse moins polluants. Mais l’augmentation du trafic aérien annule ces bénéfices. Au bout du compte, les émissions de carbone dues aux vols persistent d’aggraver le problème du changement climatique.

C’est là qu’intervient le fameux chiffre : plus de 80 % de la population mondiale n’a jamais pris l’avion (estimation due à Boeing et actuellement citée dans l’aviation). Pour le secteur, cela offre un énorme marché inexploité et l’espoir que le trafic aérien reprendra sa croissance historique d’environ 5 % par après la pandémie.

Tout vol contribue à réchauffer la planète. L’aviation commerciale représente environ 2,5 % des émissions de dioxyde de carbone (CO2) d’origine humaine. Mais son impact réel est bien plus fort. En cause, notamment, l’effet réchauffant d’autres polluants et les traînées de condensation des avions, ainsi que la façon complexe dont ces émissions de gaz stagnent et interagissent dans l’atmosphère. Selon des experts, le transport aérien a généré jusqu’à 5 % de la contribution humaine au réchauffement climatique actuel.

Ce chiffre risque d’augmenter avec la croissance du trafic aérien de passagers et de fret. Dans le même temps, les transports terrestres et des activités comme la construction gagnent en efficacité sur le plan énergétique. Tout cela est à l’origine d’un mouvement incitant à ne pas utiliser l’avion ou à s’en passer autant que possible. Le flygskam (terme issu du suédois et pouvant se traduire par « honte de prendre l’avion ») s’est imposé en Europe et commence à être connu un peu partout ailleurs.

« Il n’y a pratiquement rien de pire pour la santé de la planète que de s’asseoir dans un avion », lâche l’astrophysicien Peter Kalmus, aujourd’hui climatologue à la Nasa. Il n’a plus pris l’avion depuis 2012 et a fondé noflyclimatesci.org, qui recueille des témoignages de personnes ne souhaitant plus prendre l’avion, ou moins souvent.

« La dure réalité que la plupart des gens n’ont pas encore accepté est que nous n’avons pas besoin de voler, assène Peter Kalmus. Si vous êtes vraiment conscient que nous sommes dans une situation d’urgence climatique, vous ne devriez tout simplement pas prendre l’avion. »

La France a voté en juillet l’« interdiction des vols domestiques en cas d’alternative en train de moins de 2 h 30 ». Au Royaume-Uni, le Comité sur le changement climatique a douché les élites, pour qui prend l’avion est une habitude. Le comité a proposé « une interdiction des miles cumulés via les programmes de fidélisation, qui incitent à prendre l’avion de façon excessive ».

Mais opposer le train à l’avion est trompeur. Les trois quarts du carburant utilisés par le transport aérien servent à des vols de plus de 1 600 km. Sur de telles distances, la majorité des voyageurs optent pour les airs. En ce sens, le mouvement flygskam concerne autant la décision de voyager que celle de prendre l’avion.

.

Categories
Uncategorized

la France lance une déclaration commune internationale pour l’aviation

Ce vendredi 4 février, lors du Sommet de l’aviation organisé par la présidence française de l’Union européenne, le ministre délégué aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a présent ce qu’il surnomme la Déclaration de Toulouse . Il s’agit d’un engagement commun dimension internationale, runissant des acteurs publics et privés du secteur aéronautique, pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Dj discute en 2019, lors de la dernière assemblée triennale de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), c’est un acte ambitieux et inditaffirme pourtant le ministre.

La liste actuelle de signataires se compose de 146entreprises et associations privées, telles que Safran, Airbus ou Shell, et de 42tats, dont les 27tats membres de l’Union européenne et huit autres pays rattachs la Conférence européenne de l’aviation civile (Ceac) . Le Canada, le Maroc, les tats-Unis ou encore la Gorgie font galement partie des signataires. Il reste un travail de conviction mener, un plus large consensus international trouver, concède Jean-Baptiste Djebbari, tout en précisant tre dj en discussion avec le Brésil, l’Inde ou encore l’Afrique du Sud. Si elle affirme une intention commune de décarbonation du secteur, la Déclaration de Toulouse n’engage cependant aucune action concrète de la part des signataires. Cela tant, elle appelle bien ces derniers mobilisateurs tous les partenaires du monde entier pour travailler ensemble l’adoption d’un objectif ambitieux à long terme de neutralité carbone, formellement, lors de la prochaine assemblée de l’OACI, en septembre prochain.

Concrètement, le Sommet de l’aviation et sa déclaration font l’impasse sur la solution indispensable pour réduire les missions du secteur ds maintenant et un niveau cohérent avec l’objectif 1,5C [de l’Accord de Paris]: la limitation du trafic ariencommente Sarah Fayolle, chargée de campagne transports Greenpeace France, dans un communiqué. En préférant se cacher derrière des fausses solutions, comme l’avion vert ou la compensation carbone, les “responsables” politiques et économiques ont fait de ce sommet une nime opération de diversion et de écoblanchiment. Concernant l’orientation des engagements de la Déclaration de Toulouse, Jean-Baptiste Djebbari a, en effet, pris l’exemple des dispositions du plan aro. Lanc en juin2020, il consacre 1,5milliard d’euros sur trois ans au développement de carburants alternatifs au krosne et au déploiement, horizon2035, de la nouvelle génération d’avions sobres en carbone.





Article publié le 04 février 2022

.