Categories
Actu france Environnement Monde Sport Tourisme Vacances

Un bébé kidnappé découvert dans une valise à l’aéroport de Dubaï ? Non, une vidéo humoristique détournée

Publié le :

Une vidéo partagée en français, anglais et en arabe sur Twitter prétend montrer un bébé découvert in-extremis dans un sac de voyage à l’aéroport de Dubaï, après avoir été kidnappé par sa nourrice qui était sur le point de quitter le pays. En réalité, c’est une vieille vidéo qui ressort régulièrement sur les réseaux sociaux, accompagnée de différents récits.

La vérification en bref

  • Une vidéo publiée sur Twitter prétend montrer un bébé de 5 mois retrouvé dans un sac de voyage, alors que sa nourrice censée kidnapper l’enfant et quitter les Émirats Arabes Unis.
  • La vidéo a déjà circulé accompagnée de récits différents en 2018, 2019 et 2020 en anglais, français et en arabe. Toutes les versions accusent cependant une nourrice originaire d’Asie du sud-est d’être à l’origine du kidnapping, dans un but de vengeance ou d’extorsion.
  • En réalité, une seconde vidéo mise en scène le même enfant montre qu’il ne s’agit pas d’un enlèvement.

La vérification en détail

La vidéo, publiée en français sur Twitter le 2 mai, cumulé plus de 22 000 vues. Pendant une quarantaine de secondes, on voit une personne déballer un sac de voyage, dans laquelle se trouve un bébé.

Un homme commente en arabe égyptien : « Nous remercions les agents de sécurité de l’aéroport de Dubaï… Le bébé est sain et sauf. La criminelle l’a kidnappé, mais elle a été heureusement arrêtée. ne faites pas venir travailler des gens chez vous sans tout savoir sur eux au préalable… Ce bébé aurait pu mourir étouffé.


En faisant une recherche d’image inversée avec l’outil InVid (voir ici comment procéder), on retrouve la vidéo dans des publications Facebook, Twitter et Youtube datant de 2020, 2019 et de 2018en anglais, en english et en arabe.

Chaque publication relate une version différente : le bébé aurait été kidnappé au Pakistan et retrouvé à l’aéroport de Dubaï ; une nourrice indonésienne (ou philippine dans certaines versions) aurait kidnappé l’enfant afin de se venger du mauvais traitement de ses employeurs.


Une autre version étendue de la vidéo, publiée sur Youtube en 2018, montre une jeune femme asiatique, une portant tenue de ménage, interrogée par un homme à partir de 0’24, en arabe avec un accent émirati. Ces images pourraient montrer un employeur s’adressant à son domestique.


Son employeur lui demande : « Qu’as-tu fait au bébé ? Tu lui as arraché les cils ? Parce que tu es fâchée contre [sa] maman ?”. Le montage sous-entend que les deux vidéos sont reliées, et que la domestique interrogée est la ravisseuse présumée de l’enfant.

Dans la vidéo originale de 45 secondes, on aperçoit le logo, en arabe, d’une marque sur une trousse de toilette qui recouvrait le bébé dans le sac de voyage. Il s’agit de la marque “Al Sanidi”, une société saoudienne qui vend, entre autres, du matériel de camping, de chasse et de sport.

La marque saoudienne “Al Sanidi”, qui vend du matériel de camping et de voyage, est visible sur le sac et la trousse de toilette. © Observateurs

De plus, la personne qui déballe le sac porte une dishdasha, sorte de longue tunique masculine portée dans la péninsule arabe, qui n’est pas une tenue d’un agent de sécurité de cet aéroport.

En poussant les recherches sur Twitter à l’aide des mots-clés « enfant » et « sac » en arabe, on retrouve cette vidéo postée en 2018. On y voit un nom d’utilisateur en blanc, @noash_a. Cependant, le compte protège ses tweets, qui sont donc inaccessibles.

Le nom d'utilisateur Twitter @noash_a que l'on aperçoit dans cette version de la vidéo.
Le nom d’utilisateur Twitter @noash_a que l’on aperçoit dans cette version de la vidéo. © Observateurs

Ces recherches permettent de retrouver le travail du journaliste Mohammed Zubair du média de vérification indien Alt News, qui a enquêté sur la même vidéo en 2019.

Contacté, il nous a communiqué une vidéo supplémentaire publiée par le même compte -avant que ce dernier ne protège ses tweets- en octobre 2018. Tournée cette fois-ci dans le désert, on y voit le même enfant installé sur un siège bébé. La personne qui filme jette d’abord un sac de voyage de la marque Al Sanidi à terre, avant de se rapprocher de l’enfant, qui lui sourit. Dans cette vidéo aussi, l’homme porte une dishdasha blanche.

Le sac porte le même logo de la maqrque Al Sanidi, que l'ont voit dans la première vidéo virale sur le sac de voyage et la trousse de toilette.
Le sac porte le même logo de la maqrque Al Sanidi, que l’ont voit dans la première vidéo virale sur le sac de voyage et la trousse de toilette. © Observateurs

Selon l’article de Alt News, le tweet accompagnant cette seconde vidéo dit : “C’est le père [de l’enfant], calmez-vous, il l’a juste emmené en promenade (…) ». En comparant les deux vidéos, on constate qu’il s’agit bien du même enfant.

A gauche, l'enfant de la vidéo virale.  A droite, l'enfant de la vidéo filmée dans le désert.  Leurs traits indiquent qu'il s'agit de la même personne.
A gauche, l’enfant de la vidéo virale. A droite, l’enfant de la vidéo filmée dans le désert. Leurs traits indiquent qu’il s’agit de la même personne. © Observateurs

Quant à la voix-off que l’on entend dans cette version de la vidéo du soi-disant kidnapping, elle a été visiblement ajoutée au montage : sur la vidéo d’origine, aucune voix-off, on entend uniquement le bruit du vent et les rires de l’enfant.

S’il n’est pas possible de connaître le contexte exact dans lequel cette vidéo a été tournée, aucun élément ne permet d’affirmer que ces images seraient tournées à l’aéroport de Dubaï et montreraient le kidnapping d’un enfant par une domestique sud-asiatique.

En 2012, deux parents égyptiens avaient tenté, à l’aéroport de Dubaï, de faire passer leur bébé dans une valise à pour faire entrer aux Emirats Arabes Unis sans visa préalable.

.

Categories
Uncategorized

Dassault Aviation signe un contrat historique avec les Émirats arabes unis

Avec cette commande ferme, la plus importante jamais créée par Dassault Aviation, le constructeur de l’avion de combat français, marque un sixième succès à l’international.

Historique. Jamais la France n’avait signé un contrat militaire d’une telle envergure à l’international. Lors de la première étape de la tournée régionale d’Emmanuel Macron dans le Golfe (du 2 au 4 décembre), les Émirats arabes unis (EAU) ont commandé 80 avions de combat Rafale. Il s’agit d’un contrat ferme, sans option ni indemnité. Le contrat a été remis par Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation

Rafale : le second contrat égyptien est entré en vigueur Deux autres contrats militaires ont été signés. Le premier, avec le missilier européen MBDA, qui fournit des missiles air-air Mica NG et de croisière Black Shaheen, la version export du Scalp. Le troisième, avec Airbus pour livrer 12 hélicoptères de transport Caracal. Ces trois contrats totalisent un montant de« plus de 17 milliards d’euros » souligne l’Élysée. « Le volet Rafale représente 14 milliards, l’armement, plus de 2 milliards, et les hélicoptères, 1 milliard »,

précise le cabinet de Florence Parly, la ministre des Armées. « La vente de 80 Rafale à la Fédération des EAU est un succès français : j’en suis très fier et très heureux. Je veux demander les autorités émiraties du renouvellement de leur confiance dans nos avions. Après les Mirage 5 et les Mirage 2000, ce contrat Rafale vient fournir la relation stratégique qui unit nos deux pays et la satisfaction de l’armée de l’air des EAU, partenaire historique et exigeant de notre société », déclare Éric Trappier. Ce contrat, « par son ampleur, renforce encore le partenariat stratégique et militaire, noué entre la France et les EAU, et l’interopérabilité des forces françaises et émiraties dans leurs aspects militaires et techniques »,

souligne l’Hôtel de Brienne. Les EAU veulent en effet des matériels qui soient au même niveau d’excellence technologique et opérationnelle que ceux utilisés par les armées françaises. Abu Dhabi a porté son choix sur un Rafale au standard F4, qui est en cours de développement et que la France n’a pas encore commandé (ce sera choisi fait en 2023). C’est pourquoi les premières livraisons des Rafale émiratis commenceront en 2027 et s’étaleront jusqu’en 2031. Dans l’intervalle, les armées émiraties, qui sont aussi équipées de 80 chasseurs américains F-16, continueront à utiliser leurs 60 Mirage 2000 -9. « Avec le standard F4, le Rafale entre dans l’ère du combat connecté »,

résumer le ministère des Armées. La version la plus avancée du Rafale intègre également des améliorations issues du retour d’expérience des armées françaises. Au cours de la tournée d’Emmanuel Macron dans le Golfe, pas moins de 30 milliards de contrats doivent être signés, en trois jours, hors commandes militaires (lire ci-contre). Mais le nouveau succès du Rafale, la sixième à l’international, en est le plus emblématique. Cela fait en effet plus de dix ans que ce contrat est « sur la table », passant par des phases de réchauffement et de glaciation. « Comme nous en Europe, les EAU ont observé le désengagement des États-Unis dans le Golfe et, comme nous, ils ont des doutes sur l’implication américaine. Les discussions sur le Rafale ont repris voix un an », explique l’Hôtel de Brienne. « Il y a eu un alignement des planètes et une implication politique d’Emmanuel Macron à Florence Parly, ainsi que de l’Équipe France avec les industriels, afin de créer les conditions pour conclure ce contrat »,

ajoute-t-on au ministère des Armées. Et l’avion est « au meilleur niveau mondial », insiste le ministère des Armées. Cela, grâce à sa capacité à évaluer d’un standard à l’autre. Il est « combat prouvé » après avoir été engagé sur plusieurs théâtres d’opérations extérieures en Afrique et au Levant. « L’avion est à maturité, il est totalement opérationnel », explique Éric Trappier

(lire interview ci-dessous).

Bonne nouvelle pour l’industrie française Cette commande conclue une année qui fait de 2021 un grand millésime pour le Rafale, avec quatre contrats remportés à l’international, en Égypte et aux EAU ainsi qu’en Grèce et en Croatie, deux pays européens, membres de l’Otan. Le contrat des EAU constitue une bonne nouvelle pour l’industrie française. Dassault Aviation va augmenter sa production, afin de passer progressivement d’un à deux Rafale assemblés par mois. Dans le même temps, l’écosystème Rafale, avec l’électronicien Thales et le motoriste Safran, ainsi que les 400 entreprises de toute taille qui travaillent, avec leurs 7 000 salariés, pour le programme, vont monter en puissance. « Ce qui crée des centaines voire des milliers d’emplois supplémentaires en France »,

se réjouit le ministère des Armées.

Grâce au Rafale, l’activité de Dassault se redresse fortement Le fleuron des forces françaises a donc fait mentir les Cassandre qui lui prédisaient un sombre avenir hors de France. Pendant des années, le Rafale, dont le premier prototype a effectué son vol inaugural en 1991, a été taxé d’« invendable », car « trop cher, trop sophistiqué et trop franco-français ».

Mais avec la mise en service du premier escadron (12 avions) au sein de l’armée de l’air française, en juin 2006, et son engagement au combat, l’avion a pu faire ses preuves.Parallèlement, le monde a changé. Après avoir engrangé les « dividendes de la paix » avec la fin de la guerre froide, en utilisant leur budget militaire, les États ont réinvesti dans leur défense, au début du XXI e

siècle. Et se sont engagés dans un cycle de modernisation de leurs équipements. Cela afin de faire face au terrorisme islamique, à la multiplication des conflits et des tensions (Méditerranée, Moyen-Orient, mer de Chine) mais aussi à la montée de la surpuissance chinoise. La France, sa politique d’équilibre et son offre de haut niveau, a retrouvé de l’attractivité tandis que les États-Unis basculaient leur centre d’intérêt vers la zone Indo-Pacifique et engageaient leur retrait du Golfe.