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Le secteur touristique mondial relève la tête, la France redécolle – Libération

La parenthèse de la pandémie serait-elle en train de se refermer pour le secteur touristique ? Malgré la guerre en Ukraine et des restrictions de voyage toujours en place à cause du Covid-19, le tourisme mondial continue de remonter la pente, Europe et Amériques en tête, sans pour autant retrouver ses niveaux d’avant-pandémie. Selon les derniers chiffres disponibles de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), les arrivées de touristes internationaux dans le monde ont ainsi plus que doublé (+130 %) en janvier par rapport à la même période en 2021, avec 18 millions de visiteurs supplémentaires à l’échelle mondiale, « Soit l’équivalent de l’augmentation totale enregistrée sur l’ensemble de l’année 2021 ».

En 2019, les recettes du tourisme mondial avaient atteint 1 482 milliards de dollars, avant d’être divisées presque par trois l’année suivante à cause de la pandémie. Si janvier la tendance à la reprise enclenchée en 2021, l’OMT souligne toutefois que la variante omicron a récemment confirmé un nouveau coup de frein et que les arrivées internationales en janvier restaient inférieures de 67 % à celles d’avant la pandémie.

Côté secteur aérien, en très grande difficulté depuis les premiers confinements en 2020, « on retrouvera cet été sur les courts et moyens courriers 100 % du niveau de 2019. En revanche, sur le long courrier, on reste plutôt sur 85 %-90 % du niveau de 2019 ». Pour Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme, “ce n’est pas le marché qui va être problématique, c’est le coût de production des séjours touristiques, la compétitivité, l’adéquation entre les produits et le pouvoir d’achat : les acteurs augmentent tous leurs prix, et pour l’ ‘instant ça passe parce que les gens ont envie de se faire plaisir. Mais on arrive à la limite de ce qui est acceptable pour bon nombre de clients».

Le deuxième trimestre “plus prometteur”

Toutes les régions ont vu les voyageurs revenir et ainsi pu rebondir par rapport aux bas niveaux de début 2021. L’Europe en particulier a fait trois fois mieux et les Amériques deux fois mieux. Il leur reste encore la moitié du chemin à faire pour retrouver le tonus d’avant la pandémie.

Le Moyen-Orient connaît aussi un boom par rapport à 2021 (+89 %), selon l’OMT, tout comme l’Afrique (+51 %), mais ces deux régions restent encore très loin des scores touristiques de 2019. Et, sans surprise, c’est l’Asie-Pacifique, avec plusieurs destinations fermées, qui dégringole. En janvier, les arrivées de touristes internationaux y étaient inférieures de 93 % à celles d’avant la pandémie.

Mieux qu’hier et moins bien que demain : selon le cabinet ForwardKeys, le deuxième trimestre 2022 semble encore « plus prometteur pour les voyages internationaux dans le monde que le premier trimestre ». Pour les vacances d’été, le soleil et la mer dans les Caraïbes et en Amérique latine ont particulièrement la côte. Le Costa Rica, Aruba dans les Antilles néerlandaises, la République dominicaine ou encore la Jamaïque figurent parmi les 20 destinations les plus demandées et présentent les mêmes niveaux d’avant-pandémie.

En Europe, la France, l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Islande décollent, sans toutefois faire le plein de touristes comme avant la pandémie. La France tire bien son épingle du jeu : les touristes défavorisés et ils dépensent. Les recettes du tourisme international en février dans le pays «se sont rapprochées de celles de 2019», à 2,7 milliards d’euros, « en hausse de 1,5 milliard par rapport à l’année dernière et à -8 % par rapport à 2019 », a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne, ministre chargé du Tourisme lors d’un point presse téléphonique. Le secteur du tourisme en France se présente, en 2019 avant la pandémie, 7,4 % du PIB et 9,5 % des emplois.

Selon Jean-Baptiste Lemoyne, la France est «très bien désignée», destination «numéro 1 des voyages en Europe pour les Américains, les Belges, les Italiens, les Espagnols». Les Français, eux, sont «une exception européenne», assure le ministre : « Ils sont 60 % à envisager de rester dans leur pays pour les vacances. Avec un socle domestique qui va rester très fort et le retour d’une clientèle internationale, cela signifie qu’on est sur une saison d’été qui peut être très, très dynamique.»

L’Ile de France désertée

Une embellie qui ne s’est pas encore totalement ressentie dans les hôtels de l’Hexagone. Ces derniers n’ont pas encore retrouvé la fréquentation d’avant-crise sanitaire au premier trimestre en France, la présence des touristes étrangers étant inférieure de plus d’un tiers à ce qu’elle était en 2019, a indiqué l’Insee mercredi .

Globalement, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques, hors campings, indiquée en nombre de nuitées, est inférieure de 11,3 % à son niveau du premier trimestre 2019, a annoncé l’institut dans sa note de conjoncture. Dans les hôtels, le recul est de 16,4 % contre 1,2 % dans les autres hébergements collectifs de tourisme, et si la fréquentation des touristes français est encore un peu en deçà de son niveau d’avant la crise sanitaire (−7 ,1 %), celle des touristes venus d’autres pays «reste nettement en retrait, de -36,7 %», détaille l’Insee.

Cette baisse de la fréquentation au premier trimestre 2022, comparée à la même période de 2019, «concerne toutes les catégories d’hôtels, mais elle est un peu moins marquée dans les établissements haut de gamme», selon les données disponibles. Dans les hôtels 3 étoiles et les établissements 4 et 5 étoiles, le recul est moindre – respectivement -12,3 % et -14,6 % – car la présence de la clientèle française a “limité l’impact de la désaffection” des clients étrangers, au contraire des hôtels 1 et 2 étoiles et ceux qui sont non classés, où la fréquentation est en baisse respectivement de 21,1 % et de 23,6 %.

Côté géographie, le recul de la fréquentation hôtelière au premier trimestre 2022 « est principalement concentré en Ile-de-France » : 3,9 millions de nuitées en moins, pour une baisse nationale de 7 millions. La fréquentation demeure par ailleurs inférieure à son niveau d’avant-crise, mais dans des proportions moindres, dans les massifs de montagnes (-3,1 %) et sur le littoral (-6,4 %), mais le retour de la clientèle résidente, en hausse respectivement de 10,1 % et 2,6 % par rapport au premier trimestre 2019, limite l’impact de l’absence d’une partie des touristes étrangers.

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