Categories
Actu france Environnement Monde Sport Tourisme Vacances

plus d’un tour dans mon Larzac

En route pour les paysages nus du Larzac nord, ceux de la Blaquière ou de Montredon, dans l’Aveyron, où règnent buis, genévriers et d’étonnantes sculptures formées par l’érosion. Des rochers ruiniformes typiques des plateaux calcaires ou des causses. Certains ressemblent à des tours, d’autres à des vigiles ou à des statues géantes, donnant l’impression de veiller sur ces terres et leurs habitants.

En route pour ces paysages de forêts de pins et de chênes, de champs vert anis ou jaune doré selon les saisons, de lavognes, ces mares de forme ronde aménagées par l’homme où l’eau de pluie stockée sert à abreuver les troupeaux, et de buissières, ces sentiers creusés dans les buis pour se protéger du soleil.

En route pour ce monde à part qui se partage entre terres agricoles et camp militaire, dont on peut entendre les tirs d’infanterie depuis La Cavalerie, lieu d’implantation, depuis 2016, de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère. Une atmosphère particulière que l’on ressent en débouchant sur le plateau à Montredon. Un peu comme si l’histoire se lisait partout dans le paysage, sur les panneaux interdisant l’accès du camp militaire détourné en « terrain à louer »sur les chaos rocheux, tel celui du Rajal del Gorps, lieu indissociable de la lutte du Larzac, où près de 50 000 personnes se sont regroupées contre l’extension du camp militaire en août 1973, ou encore à l’entrée de la Blaquière , où l’on peut lire : « Non aux armes ici et ailleurs. »

A la lisière de deux mondes

Voyager sur le Larzac nord, c’est être à la lisière de ces deux mondes. L’idéal est de suivre ces routes sinueuses et de faire halte dans l’une de ses fermes ou de ses ateliers d’artistes. A chaque croisement, des panneaux indiquent des lieux de vie, de culture et d’artisanat. La plupart des fermes proposent de la vente directe : miel, fromage, laine ou plantes aromatiques. Comme à la Ferme des Homs, chez Marion Renoud-Lias et Romain Debord. Une magnifique bâtisse en pierre offerte de champs de romarin, de thym et de lavande. Ces deux ingénieurs agronomes ont répondu en 2016 à un appel à candidatures lancé par la Société civile des terres du Larzac (SCTL), qui concède des baux de carrière à des agriculteurs et gère les terres acquises par les partisans de la lutte contre l’extension du camp militaire afin d’éviter la propriété privée et la spéculation.

Sur le sentier de randonnée GR71.

Ce modèle unique regroupe une soixantaine de fermes sur le Larzac. Marion Renoud-Lias et Romain Debord font partie de la deuxième génération, celle des trentenaires. « La ferme ne nous appartient pas. On a signé un bail de carrière qui nous garantit de rester sur place tant qu’on exploite, après, nous rendrons l’outil. Pour la première génération, même s’ils ont défini les règles, c’est plus compliqué de quitter les terres pour pourquoi ils se sont battus »explique Marion Renoud-Lias, à l’entrée de la boutique, où l’on trouve le pastis des Homs issu de la culture bio de plantes aromatiques.

Il vous reste 58,35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Reply

Your email address will not be published.