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ces statistiques étonnantes sur le profil des voyageurs

Motivations au départ, itinéraires préférés… Une étude dresse le portrait des cheminants toujours plus nombreux à s’élancer, en France comme en Espagne, en direction de Saint-Jacques de Compostelle. Avec quelques surprises.

Sans même les avoir parcourus, connaître le nombre de Français, au moins de nom, les Chemins de Compostelle. Classé à l’Unesco depuis 1998, cet ensemble d’itinéraires pédestres est traditionnellement emprunté depuis le Moyen Âge par les pèlerins pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. En 2019, 347.578 marcheurs ont été remis au bureau d’accueil des pèlerins de la capitale galicienne, contre 3501 en 1988, tandis que Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques), point de convergence des Chemins, a accueilli 61.104 pèlerins.

Un succès qui pourrait s’amplifier encore au vu des nouvelles attentes des voyageurs. «Les Chemins de Compostelle répondent à une demande croissante pour un tourisme différent, plus authentique, centré sur le bien-être, le respect de l’environnement et la valorisation des territoires», estime Caroline Boucher, directrice générale d’Atout France. L’organisme public et l’Agence française des Chemins de Compostelle ont présenté ce 11 mai les résultats d’une enquête (1) sur les publics et leurs motivations, la dernière étude de cette envergure remontant à 2003. Voici ses principaux enseignements :

Une envie de se ressourcer et de se déconnecter

Traditionnellement liés à la notion de « pèlerinage » et à une dimension religieuse, les Chemins de Compostelle attirent finalement beaucoup moins de croyants qu’on le pense. Seuls 12 % des cheminants partent avec une démarche liée à leur foi. Néanmoins, la notion de spiritualité est la principale motivation à partir proposé sur les Chemins de Compostelle plutôt que sur un autre sentier de randonnée.

Un voyageur sur deux (51 %) cite en effet l’envie de « prendre du temps pour soi » et le besoin de « rupture », notamment après un choc de vie, comme principales motivations. Autres raisons les plus citées : l’envie de pratiquer la marche ou la randonnée (45 %) et les rencontres avec d’autres voyageurs (41 %), tandis que la découverte du patrimoine est moins prioritaire (24 %).

Une majorité de femmes et de marcheurs solitaires

Un cheminant sur deux réalise son périple étant en seul. Ici Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques), étape majeure des Chemins de Compostelle. Pierre Carton

Les cheminants sont majoritairement des femmes (54 %). Ils marchent seuls (50 %), bien moins souvent entre amis (22 %), en couple (18 %) ou en famille (9 %), et se présentent en premier lieu de Paris et des départements du Rhône et de la Garonne. Les Chemins attirent autant de retraités (44 %) que d’actifs (44 %), qui exercent en majorité des professions libérales et supérieures. À noter aussi la partie non négligeable des moins de 35 ans qui représente un voyageur sur dix, tandis que la tranche 35-50 ans est très peu représentée.

En moyenne, les marcheurs dépensent 45,40 € par jour pour les repas et l’hébergement et parcourent 26 km par jour pour une durée de séjour totale de 28 jours. Une durée «très élevé par rapport à une démarche ‘touristique’ classique»souligne l’étude.

La voie du Puy éclipse les autres itinéraires

Bien moins connue sur la voie du Puy, la voie du Piémont pyrénéen (GR78) relie Montpellier à Saint-Jean-Pied-de-Port via Carcassonne sur 700 km. ADT09

Il n’existe pas un, mais une douzaine de chemins de Compostelle côté français. La voie du Puy (GR65) est empruntée par plus d’un voyageur sur deux (55 %), près de 20.000 chemins s’étant élancés du Puy-en-Velay (Haute-Loire) en 2019. C’est oublier l’ existence de nombreuses autres variantes, comme la voie d’Arles (GR653, 13 %), la voie de Vézelay (GR654, 12 %) ou le chemin du Piémont pyrénéen (GR78, 6 %). L’une d’elles, la voie de Tours (GR655, via Turonensis), part de Paris, au pied de la tour Saint-Jacques.

De quoi créer un « déséquilibre de fréquentation entre les itinéraires », voire la « surfréquentation de certains tronçons de la voie du Puy à certaines périodes », observez l’Agence, qui précise que les autres voies n’accueillent que quelques milliers de chemins sur toute une année. Le manque d’hébergements et d’aménagements (toilettes, points d’eau, poubelles…), le mauvais balisage des sentiers ou tout simplement la méconnaissance peut expliquer le manque d’attractivité des autres itinéraires.

Hébergement : entre improvisation et manque de lits

Si un voyageur sur deux (54 %) réserve ses hébergements avant le départ, totalement ou partiellement, une grande partie préfère laisser place à l’improvisation en le réservant la veille pour le lendemain, voire le jour même (33 %). Appréciés pour leur prix modique, les gîtes d’étape sont les hébergements les plus largement plébiscités (81 %), loin devant les chambres d’hôtes (30 %), les presbytères (19 %) et les hôtels (15 %). Néanmoins, des différences notables existent selon les âges. Ainsi, le bivouac est le deuxième mode d’hébergement utilisé par les moins de 35 ans.

L’offre d’hébergement est un point faiblement souligné par les personnes interrogées, 43 % d’entre elles ayant rencontré des difficultés à trouver un toit pendant leur cheminement. En cause, le manque d’hébergements dans certaines zones, le manque de lits/chambres disponibles et des logements trop chers pour le budget prévu.

(1) Enquête réalisée de mai à novembre 2021 via des questionnaires distribués en ligne ou sur le terrain sur environ 500 lieux répartis sur l’ensemble des Chemins de Compostelle de France. Parmi les 3640 témoignages recueillis, 3565 ont été retenus pour l’enquête.

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