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portrait intimiste et familial d’une pionnière de l’aviation

FRANCE 3 CENTRE-VAL DE LOIRE – JEUDI 12 MAI À 23 HEURES – DOCUMENTAIRE

Pour beaucoup, Hélène Boucher est d’abord le nom d’un lycée, d’un collège ou d’un gymnase – une cinquantaine d’établissements scolaires et une vingtaine de salles de sport portent son patronyme en France – avant qu’il soit associé aux pionniers de l’aviation du début du XXe siècle. Pour Michèle et Michel-Henri Gensbittel, Hélène Boucher (1908-1934) est devenue un sujet d’étude par hasard, après la découverte de cartons appartenant à la famille Boucher, dans une cave d’Yermenonville, en Eure-et-Loir.

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Le travail de ce couple d’historiens passionnés est à l’origine du film réalisé par Mike Baudoncq, Léno par Hélène Boucherqui permet de découvrir, avec fraîcheur et poésie, la courte vie de cette jeune femme « simple, loyale camarade et charmante [qui] battait simplement des records du monde »comme l’a décrit son contemporain Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944).

La mise en scène est intimiste, avec une narration à la première personne, et familiale, Katia Baudoncq, l’épouse du réalisateur, interprétant la femme pilote lors des scènes fictionnelles – un premier rôle prometteur. Parmi les témoins, outre le prolixe couple d’historiens, d’anciens pilotes, comme Catherine Maunoury, double championne du monde de voltige aérienne et petite-fille d’Hélène Boucher.

Un monde d’hommes

Alors que « Léno », contraction des prénoms de deux de ses grands-pères, Léon et Noël, peine à trouver sa voie, un drame va décider pour elle : son fiancé meurt brûlé dans un accident d’avion. Pour le venger, Hélène Boucher veut piloter. Le centre de formation de Mont-de-Marsan (Landes) a conservé des traces de celle qui voulait « tout bouffer ».

Désormais, Léno s’engage à fond, dans le Paris-Saïgon puis dans les 24 Heures d’Angers – dans ce monde d’hommes, elle doit tenir seule le manche durant 1 645 kilomètres. Séduit par son courage, l’as de la voltige Michel Détroyat lui donne alors des cours : elle bat ainsi le record d’altitude féminin, commence la voltige et attire l’attention.

Léno devient l’égérie de la marque Renault et se lance dans les records de vitesse absolus

A cette aune, la reconstitution de sa rencontre avec Louis Renault est édifiante. Alors que le patron français lui propose de faire une démonstration aux commandes de son dernier avion, il déclare : « Si une femme arrive au pilote, cela prouvera que tout le monde le peut. » Léno prend sur elle et devient l’égérie de la marque. Avant de se lancer, avec le Caudron C.450, dans les records de vitesse absolus. Le 11 août 1934, à 445 km/h, elle bat le record du monde, détenue jusque-là par un homme. A 26 ans, Hélène Boucher est riche, célèbre et indépendante.

« En appliquant notre métier, nous avons choisi notre mort », lui avait dit son ami Mermoz. Après avoir battu six records du monde en seulement trois ans de pilotage, Léno, après le crash qui lui coûta la vie le 30 novembre 1934, fut la première femme à recevoir un hommage aux Invalides.

Léno par Hélène Boucher, documentaire de Mike Baudoncq (Fr., 2022, 52 min). Diffusé dans le cadre de l’émission « La France en vrai » sur France 3 Centre-Val de Loire.

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