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la grève ne faiblit pas chez Dassault Aviation

Cible de la colère des syndicats CFDT, CGT et FO : un accord salarial signé le 17 décembre entre la direction générale et l’Unsa et la CFE-CGC (majoritaires à eux deux) prévoyant une hausse de salaire général de 1,8 % pour les non cadres, agrémentée de 1,2 % d’augmentations individuelles.

Inacceptable pour les syndicats

Un geste inacceptable pour les trois syndicats après une année 2020 sans augmentation générale des salaires et seulement 0,5 % en 2021, en pleine crise du Covid.

D’autant que le carnet de commandes de l’avionneur compte davantage d’avions d’affaires Falcon qu’avant la crise sanitaire et d’importantes commandes pour l’avion de combat Rafale, comme celle passée en décembre par les Emirats arabes unis avec 80 Rafale. Jeudi, l’Indonésie a à son tour commandé 42 Rafale, avec une première tranche portant sur six appareils.

Face à la fronde, la direction a accepté de reprendre des négociations et proposé de passer l’augmentation générale pour les non cadres de 1,8 à 2,8 % avec 75 euros brut minimum pour les plus bas salaires. Insuffisant pour le moment pour calmer la colère. « Les 2,8 % proposés compensent l’inflation 2021 », justifient la direction et « à cela s’ajoute le versement dès décembre de la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat de 500 euros net d’impôt ».

L’avionneur insiste aussi sur les primes d’intéressement et de participation particulièrement généreuses qu’il verse et qui ont représenté quatre mois de salaire en 2020 et 1,8 mois en 2021.

Production au ralenti

Les syndicats évoquent « un conflit d’une dimension tout à fait extraordinaire », même si la direction tempère son ampleur, rappelant la grève de 2000 qui avait duré plus longtemps. « On peut encore tenir un moment », prévient Jean-Michel Harosteguy, élu CGT à Anglet.

Toutes les usines sont payées avec « des débrayages par quart d’heure toutes les demi-heures ou trois quarts d’heure », indique la CGT. L’ensemble de la production est ralentie, « surtout le Falcon 6X », un jet d’affaires produit à Mérignac (Gironde) qui doit entrer en service cette année, d’après Eric Lision.

Jean-Michel Harosteguy prévoit cependant « un trou d’air dans la production quand demain on arrivera au terme du conflit ». L’objectif de Dassault est de produire entre deux et trois Rafale par mois en 2022 pour honorer ses contrats, « pour l’instant on est à peine à deux », détaille Eric Lision.

La direction laisse la porte ouverte aux négociations mais aucune nouvelle réunion n’est prévue dans l’immédiat. Pour M. Harosteguy, ce conflit est particulier en raison du nouveau rôle du PDG Eric Trappier, élu président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) en avril dernier.

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