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Essonne : à Chevannes, des terrains de l’aviation civile transformés en fermes bio

Retour aux sources pour 109 hectares de terrain sur le territoire de la commune de Chevannes (Essonne). Ces anciennes surfaces agricoles avaient été acquises dans les années 1960 par la direction générale de l’aviation civile, (DGAC), pour y implanter un vaste site d’archives. D’ici quelques mois, trois éleveurs et fermiers bio vont s’installer sur ces terres qui se sont retrouvées, cinquante ans plus tard, leur vocation première. Une question rendue possible par l’obstination de plusieurs acteurs, dont la société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer), d’Ile-de-France. « Nous nous sommes battus pendant des années pour ramener ces lieux à leur usage premier », note Pierre Missiou, directeur de la Safer Ile-de-France.

Aire de grand passage

Lorsqu’en 2014, la direction générale de l’aviation civile a quitté les lieux, ces derniers servent pendant un temps à l’organisation de rallyes de 4X4. Puis, ils sont utilisés pour entreposer des remblais de chantiers, avant que l’Etat envisage, sans succès, d’y réaliser une aire de Grand passage pour les gens du voyage. En juillet 2019, la Safer préempte le site et lance un appel à candidatures. Deux organismes sont sélectionnés : Terre de Liens, une entreprise de l’économie sociale et solidaire et la Caisse des dépôts et consignation (CDC) Biodiversité.

« C’est l’un des rares projets franciliens où l’on peut faire en même temps de l’agriculture et de la préservation de la biodiversité. Nous souhaitons en faire un site démonstrateur pour l’avenir

Gaëlle Jardinier, Chef de projet à CDC Biodiversité

Terre de Liens oeuvre depuis de nombreuses années en faveur de l’installation d’agriculteurs sur des nouveaux sites. Via sa foncière, elle acquiert 67 hectares de l’ancien site de la DGAC. La Caisse des dépôts et consignation Biodiversité, une émanation de la CDC chargée d’acheter des terrains pour réaliser la compensation écologique, met, elle, la main sur 35 hectares de zones humides. L’acquisition s’élève à 670.000 euros pour Terre de Liens et 280.000 euros pour la CDC Biodiversité. Les deux organismes se présentent unis pour réaliser les acquisitions. « Nous avons monté le dossier très rapidement. Avec l’aide d’Abiosol, une structure qui aide des porteurs de projets, généralement non issue du milieu agricole, à trouver du foncier, nous avons identifié des éleveurs et agriculteurs potentiels », indique Thierry Lemaire, membre du conseil d’administration de Terre de Liens Ile-de-France.

Un démonstrateur de site

Trois projets sont finalement retenus. Le premier agriculteur, Keryann Sil, va développer un élevage de porcs plein air avec production de leur alimentation céréalière sur place. La seconde, Audrey Garcia, s’occupera de brebis, itinérantes une partie de l’année, qui pourrait pâturer en grande partie sur la zone humide, propriété de la CDC. « C’est l’un des rares projets franciliens où l’on peut faire en même temps de l’agriculture et de la préservation de la biodiversité. Nous souhaitons en faire un site démonstrateur pour l’avenir », souligne Gaëlle Jardinier, chef de projet à CDC Biodiversité.

Il est prévu qu’Audrey Garcia installe un laboratoire pour la fabrication de fromages et de produits de la laine. Ses produits seront vendus dans des Amap, ainsi que sous la halle du marché de la commune de Chevannes, et peut-être, à terme, à l’entrée du site. Le dernier projet, encore à confirmer, devrait être un élevage de volailles.

Dans les trois cas, les agriculteurs s’engagent à produire des aliments à 100 % issus de l’agriculture biologique. Ces derniers vont prochainement signer un bail environnemental rural avec Terre de liens et la Caisse des dépôts et consignation. « Nous avons travaillé sur toute cette opération avec l’ensemble des partenaires locaux, notamment le département de l’Essonne, la communauté de communes du Val d’Essonne et la commune de Chevannes », souligne Loïc Wincent, chargé de mission à Terre de Privilèges.

A noter que l’ancien site de la DGAC se situe à proximité du Bois des Montils, récemment racheté par le conseil départemental . Ce dernier devrait mettre en place une continuité écologique entre les deux sites et favoriser une ouverture à certains publics, scolaires notamment.

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