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Dassault Aviation lâche du lest sur les salaires

Avec la commande de 42 Rafale par l’Indonésie, Dassault Aviation a conforté le succès à l’export de sa branche militaire. Mais, s’estimant moins bien lotis que les cadres, les ouvriers veulent voir grossir leur part du gâteau. La direction a donc décidé de faire un geste.

Dassault a annoncé ce mercredi matin une nouvelle commande de Rafale. L’armée de l’air indonésienne souhaite s’équiper de 42 exemplaires de cet avion de combat. Une annonce qui compense la déception de la fin de l’année dernière avec la décision de la Finlande d’acheter le F-35 américain. D’autant qu’on s’attendait plutôt à une commande de 24 à 36 Rafale.

Surtout avec cette nouvelle commande à 8 milliards de dollars, Dassault amplifie le succès de l’export du successeur du Mirage 2000. L’ensemble des commandes passées par les sept pays ayant opté pour le Rafale (Egypte, Qatar, Emirats Arabes Unis, Grèce et Croatie, Inde et Indonésie) atteint désormais pratiquement 280 exemplaires (dont une petite partie d’occasion).

Un chiffre à comparer aux 192 exemplaires commandés par la France depuis 2008 dont 40 restent à livrer. Les ventes à l’exportation désormais, de loin, les achats des forces armées nationales, alors qu’avec le Mirage 2000, elles se sont limitées à 50/50.

La construction du Rafale implique six usines de Dassault

Et cette bonne nouvelle ne concerne pas que Dassault Aviation. Pour produire le Rafale, le groupe français est associé au motoriste Safran, au spécialiste de l’électronique Thales, et, pour les missiles, au français MBDA. A ces grands partenaires industriels, il ajoute près de 400 sous-traitants.

Par ailleurs, la production du Rafale ne concerne pas que l’usine de Mérignac où cet avion est assemblé. Six autres usines de Dassault Aviation sont impliquées dans sa production. C’est à Seclin (Nord) que sont produits une partie des pièces mécaniques. Les pièces composites viennent de l’usine d’Anglet (Pyrénées-Atlantiques). Celle d’Argenteuil, en banlieue parisienne, assure la production du fuselage tandis que Martignas s’occupe de la voile. Les commandes de vols dépendants du savoir-faire de l’usine d’Argonay (Haute-Savoie). Enfin, les ateliers de Poitiers livrent les verrières et assurent par ailleurs la maintenance.

La direction propose désormais aux ouvriers une augmentation moyenne de 4,5%

Mais dans ces usines, l’heure n’est pas tout à fait aux prospèressances. Les ouvriers ne sont pas satisfaits des propositions d’augmentations validées par deux syndicats majoritaires. Et une partie du personnel a suivi les appels à la grève lancés en début d’année.

A tel point que la direction s’est résolue à améliorer ses propositions. Pour tous les non-cadres (techniciens comme ouvriers) Dassault Aviation a revu à la hausse le niveau de l’augmentation générale, qui passe de 1,8% à 2,8% assorti d’un relèvement minimum de 75 euros/mois pour les plus bas salaires. Si l’on inclut, les augmentations individuelles (+1,7% dont 0,5% à l’ancienneté), les salaires seront relevés en moyenne de 4,5%, soit plus que l’inflation.

Par ailleurs, la direction rappelle que le salaire n’est pas le seul élément de la rémunération. Pour compenser l’inflation, une prime exceptionnelle « pouvoir d’achat » non imposable de 500 euros a été versée en décembre. Quant à la participation et l’intéressement, elles s’élèvent à un niveau très supérieur à la moyenne nationale : quatre mois de salaire versés en 2020, 1,8 mois l’année dernière.

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