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A Dassault Aviation, le « carnet de commandes est plein » et les ouvriers en grève pour réclamer un salaire à la hauteur

Des ouvriers de Dassault Aviation ont bloqué sept des neuf usines en France du groupe aéronautique et d’armement, jeudi 9 décembre, réclamant une hausse des salaires. Selon la CGT, les entreprises concernées étaient à Biarritz, Saint-Cloud, Seclin, Biard, Argonay, Martignas-sur-Jalles et Argenteuil. Dans cette dernière, où est fabriquée une partie du fuselage des avions Falcon et du Rafale, près de 200 salariés ont arrêté le travail et bloqué le site.

Mettant en avant « un carnet de commandes plein », les syndicats réclament une revalorisation salariale de 200 euros net par mois sur le salaire de base qui s’élève à 1 700 euros. Damien Jouanne, délégué CGT, explique ainsi les raisons du mouvement social, le premier de cette importance depuis 2000 :

« Aujourd’hui, il y a un mécontentement chez les ouvriers, les petites mains. Le carnet de commandes est plein. Il y a déjà quinze ans de travail, à cela s’ajoute le nouveau contrat. Il n’y a que chez Airbus qu’il y a autant de commandes. »

« Chaque avion qui sort de l’usine, c’est 100 millions »

Le contrat en question est la vente, signée il y a une semaine, de 80 avions de combat Rafale aux Émirats arabes unis pour une somme qui devrait atteindre 17 milliards d’euros pour l’ensemble du contrat.

Lire le récit : Article réservé à nos abonnés Rafale aux Emirats : treize ans de négociations pour un contrat record

« On a toujours livré les avions à l’heure, mais aujourd’hui, on a de la colère. Il y a du boulot et de l’argent chez Dassault, mais notre PDG préfère donner les actionnaires »a déclaré Emmanuel Dumoulin, autre syndicaliste encarté à la CGT. « C’est nous qui faisons les avions, pas eux. »

Une de ces « petites mains » est Olivier, 29 ans, interrogé par l’AFP lors de cette journée de grève. Avec ses 1 750 euros net, il « gagne trop pour avoir un logement social mais pas assez pour accéder au parc privé », alors il vit chez ses parents.

« Quand je suis rentré chez Dassault, je pensais que c’était la meilleure entreprise du monde, mais c’est pas trop le cas. On se retrouve des fois à rafistoler des outils au lieu d’acheter du neuf, alors que chaque avion qui sort de l’usine, c’est 100 millions. »

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Le Monde avec AFP

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