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Thomas Pesquet s’envole pour la Centrafrique avec l’association Aviation sans frontières

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La piste de Sibut en Centrafrique lors de la livraison de médicaments par l'ONG Aviations sans frontières en novembre 2015.

Sous un ciel pluvieux, le Cessna a décollé de l’aéroport du Bourget mercredi 13 avril à 13 h 30, comme prévu sur son plan de vol. Cap au sud. Après une escalade dans la soirée à Palma de Majorque (Espagne), il devrait survoler les côtes africaines le lendemain et atterrir en fin de semaine à Bangui, capitale de la République centrafricaine. A bord ont pris place deux mécaniciens et trois pilotes français, dont l’un a déjà passé près de 400 jours dans l’espace : Thomas Pesquet.

« Je suis impatient de survoler le Sahara et de faire des escalades sur le territoire africain, confie au Monde l’astronaute. Dans la station spatiale, je regardais longuement l’Afrique, j’étais impressionné par sa dimension. La projection d’une sphère sur une carte obligeant à réduire certaines parties, le continent est en réalité plus vaste qu’on ne le croit. J’étais aussi émerveillé par la diversité des paysages, y compris dans le désert… »

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Son vol s’inscrit cette fois dans le cadre d’un convoi pour l’association Aviation sans frontières. Celle-ci a été créée par trois pilotes pendant la guerre du Biafra (de 1967 à 1970). Elle compte aujourd’hui 800 bénévoles et fournit un appui logistique à plus de 120 ONG et organisations internationales telles que le Programme alimentaire mondial (PAM), Handicap International, Action contre la faim, la Croix-Rouge française, Mécénat chirurgie cardiaque…

L’association agit en Centrafrique et en République démocratique du Congo (RDC), dans des zones où seule l’aviation de brousse permet d’accéder à des populations pour transporter de l’aide humanitaire ou prendre en charge des réfugiés et des malades.

« La fonction principale de cet avion sera de transporter des médecins ou des infirmières dans des régions où seul un avion permet de se rendre car les routes sont inaccessibles ou trop dangereuses, explique Gérard Feldzer, président d’Aviation sans frontières. Notre association permet un appui logistique à des ONG dans des zones où intervient l’ONU. » Les Nations unies sont aujourd’hui la principale source de financement de l’association qui fonctionne aussi avec une vingtaine de partenaires (Air France, Direction générale de l’aviation civile, Michelin, Aéroports de Paris…)

« Hâte de mettre l’aérien au service de l’humanitaire »

A travers son projet Les Ailes de l’avenir, l’association Aviation sans frontières est également active en France, au sein de quartiers prioritaires ou en zone rurale. En 2020, elle a permis à 16 personnes, âgées de 15 à 29 ans, de voler à bord d’un appareil conçu par des élèves de Sup’Aéro Toulouse et d’acquérir des premières notions de pilotage.

Le Cessna Grand Caravan EX qui a décollé du Bourget est considéré comme un « tout-terrain des airs », capable d’accueillir 12 passagers et de transporter 1 tonne de fret. Grâce à ses pneus larges et un train d’atterrissage renforcé, il peut atterrir sur des pistes en latérite, assez courtes. « Ces avions sont très robustes, indique Vadim Feldzer, administrateur d’Aviation sans frontières. Ils demandent une qualification spéciale. »

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Thomas Pesquet, qui a commencé sa carrière chez Air France en 2006 et compte 2 300 heures de vol sur Airbus A320, a dû suivre une nouvelle formation. « Son instructeur m’a dit que sa progression avait été fulgurante, raconte Jean-Claude Cuisine-Etienne, qui a délivré la qualification. Le pilote analyse et réagit très vite, y compris pour les pannes moteur. »

L’ONU exige que les pilotes aient 50 heures de vol avant de partir en mission. Thomas Pesquet, malgré six sorties extravéhiculaires au cours de ses deux séjours dans la station spatiale internationale, ne pourra pas effectuer ses premiers vols dans la brousse centrafricaine au terme de ce premier convoyage. « Il va faire ses heures et viendra nous donner un coup de main, indique Gérard Feldzer. On envoie qu’il a envie d’être utile et de s’investir sur le terrain. »

« J’ai hâte de partir à l’aventure et de mettre l’aérien au service de l’humanitaire », a conclu Thomas Pesquet qui a reçu comme dernier hommage un salut de l’eauun passage de son avion sous les gerbes d’eau des pompiers de l’aéroport, quelques instants avant le décollage.

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