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Pendant les vacances, les épiceries de nuit devront fermer le week-end

Acheter un petit rosé bon marché, à l’épicerie du coin, en pleine nuit, pour poursuivre la fête dans un appartement ? C’est désormais impossible, à Montpellier (Hérault), pendant les vacances de Pâques (jusqu’au 8 mai), l’été (du 1er juin au 30 septembre) et à la Toussaint (du 23 octobre au 8 novembre). La mairie a publié un arrêté, interdisant la vente de toutes boissons alcoolisées aux commerçants ouverts la nuit, de 22 heures à 6 heures, pendant ces périodes. Les épiceries doivent même fermer carrément leurs portes, du jeudi à 22 heures au lundi à 6 heures.

En juin 2021, un arrêté similaire avait été pris par la commune. Il n’était pas, toutefois, limité aux périodes de vacances. Attaqué par des commerçants, il avait été retoqué par le tribunal administratif, le juge estimant que la ville était allée trop loin, en appliquant cette réglementation toute l’année. « Nous avons pris en compte la décision, en prenant un nouvel arrêté, limité aux périodes de vacances, explique Sébastien Côté (PS), l’élu à la tranquillité publique. C’est donc un arrêté moins dur que l’année dernière », car, « le reste de l’année, les épiceries de nuit peuvent fonctionner, 7 J/7. »

Tranquillité publique et alcoolisation massive

Les raisons d’une telle réglementation, en revanche, n’ont pas changé. D’abord, le maintien d’une tranquillité publique, car « les épiceries de nuit générées pour les riverains des problèmes de nuisances sonores, de rassemblements, des problèmes liés à des automobilistes qui se garent en double, voire en triple file sur la chaussée », note l’élu. Mais cette mesure est aussi une manière de lutter contre l’alcoolisation massive, un fléau qui menace la santé des consommateurs et pose des problèmes de sécurité.

Magali Balmefrezol, présidente du collectif de riverains Droit au sommeil, est soulagée de constater que la mairie poursuit sa lutte contre les nuisances, à travers ce nouvel arrêté. « Les adhérents sont unanimes », note cette Montpelliéraine : les épiceries de nuit génèrent des troubles importants, pour le voisinage. « Le bruit essentiellement, des personnes qui sont devant, très alcoolisées, confie-t-elle. Certains parlent de trafics. Les personnes qui vivent au-dessus ou à côté d’une épicerie de nuit, c’est invivable. »

« Si on nous impose de fermer la nuit, on n’existe plus »

Les épiciers, eux, en revanche, sont complètement abattus par cette réglementation. « Nous sommes des épiceries de nuit, alors si on nous impose de fermer la nuit… On n’existe plus », confie Mounir Letaief, qui préside une association d’épiceries de nuit à Montpellier. « La journée, ça ne sert à rien d’ouvrir, avec tous les petits supermarchés qui ont ouvert. Notre chiffre d’affaires a baissé de 70 %. Je ne crois pas que l’on va survivre. Plusieurs épiceries ont disparu, depuis l’arrêté de l’année dernière. Dans le centre-ville, ou sur l’avenue de Toulouse. » Et puis il y a les services de livraison ultra-rapides, qui font beaucoup de mal aux épiciers. « Ils vendent les produits moins chers qu’on ne les achète. Et ils les livrent jusqu’à la maison ! », déplore Mounir Letaief.

Cette disparition annoncée des épiceries de nuit, c’est « dommage, confie le commerçant. Car nous faisons vivre la ville. » Quant à l’argument de la tranquillité publique, évoqué par la ville, Mounir Letaief assure qu’il « n’y a jamais personne devant les épiceries ». Le tapage nocturne, poursuit-il, c’est devant les bars et les restaurants.

« Il faut remettre des règles »

« J’invite à questionner ce modèle économique qui repose, pour l’essentiel, sur la vente d’alcool, note Sébastien Côté. Et je ne parle même pas des nombreuses fermetures administratives, qui ne cessent de tomber, sur des épiceries de nuit, parce qu’elles vendent des cigarettes à l’unité, du tabac à chicha… Je ne mets pas tout le monde dans le même sac. » Mais, poursuivez l’élu, « il faut remettre des règles ».

Contraire les épiceries de nuit à fermer ou à ne plus délivrer d’alcool, ce n’est pas nouveau. En France, de nombreuses communes ou préfectures ont pris des décisions similaires, ces dernières années, à Marseille (Bouches-du-Rhône), à ​​Nantes (Loire-Atlantique), à ​​Dijon (Côte-d’Or), à Roubaix (Nord ) ou à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

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