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Dans la Marne, la mémoire des as de l’aviation à la rescousse des opposants à un projet photovoltaïque

Dans son combat contre l’implantation d’une centrale photovoltaïque en pleine campagne rémoise, le collectif Les Terres de nos villages a déniché des alliés inattendus. Ils s’appellent Roland Garros, Joseph Kessel, Charles de Tricornot de Rose, Jean Navarre ou encore Georges-Félix Madon, dit « l’As aux 41 victoires ». Des noms associés aux heures glorieuses de l’aviation. Des pilotes qui se sont illustrés durant la première guerre mondiale. La piste d’où s’envolaient leurs coucous, située sur le plateau dit de la Ferme-du-Moulin-à-Vent, à Rosnay, petite commune de la Marne de 350 habitants, est aujourd’hui couverte de cultures céréalières.

C’est là que Pierre Lhotte, propriétaire de la Ferme du moulin à vent, agriculteur et maire de Branscourt (260 habitants), souhaite faire pousser des panneaux solaires. C’est ce projet d’agrivoltaïsme, combinant agriculture et production d’électricité, porté par la société Akuo, spécialiste de l’« Agrinergie », qui est contesté par Les Terres de nos villages. Le collectif revendique plus de 400 sympathisants, soit environ 40 % des habitants des quatre communes susceptibles d’être concernées par la future installation : Rosnay, mais aussi Germigny, Treslon et Courcelles-Sapicourt.

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« La mémoire de ce terrain d’aviation a été régulièrement entretenue, sous forme d’organisation de randonnées, en milieu scolaire ou lors des commémorations de 14-18, énumère Christiane Gilbert, du collectif. Si le projet voit le jour, il viendrait effacer la mémoire de ce site qui est un témoin majeur de l’histoire de l’aviation militaire. » Pour bloquer le projet de centrale photovoltaïque, le collectif vient de déposer une demande de protection au titre des monuments historiques auprès des services du ministère de la culture et propose d’ériger un monument commémoratif en bordure de la piste historique.

« Gigantisme »

« Nous ne sommes pas contre les énergies renouvelables », assure Laurent Rogier, un membre du collectif, qui explique qu’il préférerait que les panneaux solaires soient déployés sur des sols artificiels plutôt que d’amputer des terres cultivées. Le collectif dénonce le « gigantisme » du projet photovoltaïque, des « impacts environnementaux », la ” dégradation “ du cadre de vie et un projet agricole « non pérenne ». Laurent Rogier évoque une opération de « greenwashing » où la production d’électricité prendra le dessus sur celle de la production agricole. « Ce n’est pas du tout notre philosophie, se défend Nicolas Repellin, responsable développement chez Akuo. En tant que producteur d’énergie, nous prenons des engagements pour que la contribution économique conditionnée soit à une activité agricole pérenne. »

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