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Aéronautique | Création d’un groupe pour encourager le développement de carburants durables

(Calgary) Une nouvelle organisation voit le jour avec l’objectif de favoriser le développement canadien de carburants d’aviation durables, une technologie qui, selon ses défenseurs, est la meilleure façon pour l’industrie du transport aérien de réduire ses émissions de gaz en effet de serre.

Publié le 23 février

Amanda Stephenson
La Presse Canadienne

Le Conseil canadien des carburants d’aviation durables (C-SAF) a été lancé mercredi par un consortium de 60 compagnies aériennes opérant au Canada, tant nationales (Air Canada, WestJet Airlines) qu’étrangères (British Airways, Cathay Pacific).

Les membres du groupe comprennent également des aéroports, des instituts de recherche et des producteurs et raffineurs de carburéacteur.

Geoff Tauvette, directeur général du C-SAF, a déclaré que la mission de l’organisation est de développer des objectifs et une stratégie pour une industrie durable du carburant d’aviation fabriqué au Canada.

« Il y a très peu (de carburant d’aviation durable) utilisé actuellement au Canada, et pas même un volume important produit aujourd’hui au Canada », a indiqué M. Tauvette.

« Mais il y a une course mondiale en cours, et nous aimerions mettre en place les bons processus et les faire fonctionner pour nous assurer d’obtenir une part du gâteau. »

Le carburant d’aviation durable, ou SAF comme on l’appelle dans l’industrie, est un carburéacteur sans pétrole fabriqué à partir de matériaux renouvelables. Les matières premières peuvent n’importer quoi, allant du sucre d’amidon aux huiles de cuisson usagées, en passant par les déchets municipaux organiques ou même les algues.

Bien que le SAF n’élimine pas entièrement les émissions des avions, il s’agit d’une solution pouvant réduire les émissions de dioxyde de carbone de plus de 85 % par rapport au carburéacteur conventionnel. C’est aussi un carburant qui ne nécessite pas de modifications des avions ou d’infrastructures spéciales dans les aéroports.

Cela le rend très intéressant pour l’industrie aéronautique mondiale, qui s’est engagée à atteindre la carboneutralité d’ici 2050. L’utilisation de SAF peut être mise en œuvre dès maintenant, tandis que d’autres solutions technologiques — telles que les avions à hydrogène ou électriques — restent loin dans l’avenir.

« L’aviation sera l’une des industries les plus difficiles à décarboniser », a noté M. Tauvette. « Nous n’avons pas beaucoup d’options sur la table aujourd’hui pour pouvoir le faire. »

Le carburant d’aviation durable est encore une industrie naissante, avec seulement environ 20 millions de gallons produits et utilisés à l’échelle mondiale l’année dernière.

Le défi est énorme, le département américain de l’Énergie déclarant que la demande mondiale de carburéacteur devrait atteindre 230 milliards de gallons en 2050, contre 106 milliards en 2019.

Pourtant, l’industrie mondiale de l’aviation s’est fixée un objectif de 2,5 milliards de gallons de SAF produits d’ici 2025. M. Tauvette a dit que le Canada devrait vouloir faire partie de cette production, en partie parce que les ressources agricoles importantes du pays signifient qu’il a accès à une grande quantité de matières premières potentielles.

Cependant, le SAF est nettement plus cher que le carburéacteur traditionnel. M. Tauvette a expliqué que pour rendre le SAF compétitif par rapport au carburéacteur traditionnel, l’industrie aura probablement besoin du soutien du gouvernement. Par exemple, en Californie, les crédits d’impôt SAF sont disponibles dans le cadre de la norme de carburant à faible teneur en carbone de l’État.

« Certainement parce qu’il s’agit d’un nouveau marché que nous essayons de créer, il aura probablement besoin d’incitations quelconques », a dit M. Tauvette.

Marion Town, directrice du climat et de l’environnement à l’Autorité aéroportuaire de Vancouver, a déclaré que l’aéroport était ravi de faire partie du nouveau C-SAF.

Elle a ajouté que l’aéroport étudiait déjà les moyens de développer un système de carburant durable fabriqué en Colombie-Britannique. Le gouvernement de la province a indiqué qu’il exigea de l’industrie aéronautique qu’elle réduise progressivement la quantité de carbone dans son carburant, dans le cadre de la norme provinciale sur les carburants propres.

Mmoi La ville croit que le SAF détient « un grand potentiel » pour la Colombie-Britannique et le Canada dans son ensemble, tant que l’industrie peut travailler avec le gouvernement pour élaborer une stratégie pour que cela se produise de manière rentable.

« Ce que nous avons actuellement au Canada, c’est la possibilité de rassembler cet écosystème et de mettre en place les leviers politiques afin que les coûts diminuent », a déclaré Mmoi Ville.

« Il n’est pas nécessaire que ce soit un coût qui sera en grande partie absorbé par la personne qui achète le billet d’avion. »

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